Renaud et poésie

10 octobre 2020

La Terre libérée de l'Homme

Enfer

 

 

 

Je sens venir le temps d’un drame rédempteur

Où l’homme ayant perdu et son âme et son cœur

Après avoir bravé les lois de la nature

Ne pourra plus prétendre au rang de créature

 

Il sera devenu une entité informe

Un abject concentré des maux protéiformes

Que depuis sa genèse il a trop perpétrés

En sadique despote auto-idolâtré

 

Cette masse puante aux effluves sanglantes

Gorgée à la folie d’horreurs et d’épouvante

Plongera vers l’enfer et s’y enflammera

 

Alors débarrassée du joug de l’homme immonde

Meurtrie mais libérée la Terre renaîtra

Enfantant de ses plaies enfin un meilleur monde

 

 

Renaud Maugey le 28 septembre 2020

 

 

 

 

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20 juillet 2020

Raymonde

raymonde

 

 

 

A l’angle de ma rue se trouve un vieil immeuble

Où demeure une veuve en un triste logis

Sans confort,cafardeux, avec de pauvres meubles

Chargés de bibelots et de portraits jaunis

 

Ici pas de cuisine, un simple évier en pierre

un vieux réchaud à gaz au fond d’un noir cantou

Un petit poêle à bois aux senteurs forestières

Et un garde-manger servant de fourre-tout

 

Une chambre exiguë avec pour la toilette

Un lavabo sur cour, repaire de pigeons

Une pièce de vie au papier-peint noisette

Rendue blafarde par l’éclairage au néon

 

Posée sur une chaise auprès de la fenêtre

Se tient Raymonde âgée de quatre vingt dix ans

Elle n’en bouge pas car ses grands yeux de hêtre

Immobiles, abîmés, sont presque non voyants

 

Mais elle reconnaît les ombres familières

Des voisins et amis passant sur le trottoir

Ils rythment ses journées de façon coutumière

Sortes d’horloges humaines allant de l’aube au soir

 

Parfois ces gens d’entour viennent faire causette

La rendant porte-clefs des secrets du quartier

Ils lui offrent une fleur, un fruit, une chouquette

Ou un chocolat chaud, cadeau du cafetier

 

Malgré cette empathie elle se sent bien seule

Albert, son compagnon, au ciel s’en est allé

Elle n’a pas d’enfants et Thaïs sa filleule

Demeure à trente lieues dans un bourg isolé

 

Elle n’a plus de chats depuis plusieurs années

Rester sur ses genoux leur devenait lassant

Mais deux canaris blancs en cage laitonnée

Apportent un peu de joie dans ce décor navrant

 

Je vais souvent la voir pour gérer sa misère

Désennuyer son temps, sauver ses souvenirs

Lui demander conseil comme à une grand-mère

Ou lui prendre la main juste pour la chérir

 

Lors de ces entrevues parfois elle s’épanche

Et déroule sa vie comme dans un roman

Mêlant le rêve au vrai, les jeudis aux dimanches

Ses récits sublimés sont des bijoux charmants

 

 Las Raymonde n’est plus que flamme vacillante

Son moral en déclin et son cœur chancelant

Font qu’elle n’a plus goût pour se tenir vivante

Elle aimerait partir vers le lieu consolant

 

Alors à quoi bon vivre au-delà de ses forces

Lorsque l’on a atteint son terme corporel

Un arbre peut mourir sans sève en son écorce

Mais ses racines restent, il est intemporel

 

 

Renaud MAUGEY le 20 juillet 2020

 

 

 

 

 

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21 juin 2020

Voyage d'Érernité

Dieu Pantocrator 2

 

 

 

 

Moi qui n’ai jamais eu le goût des grands voyages

Je vais bientôt partir vers l’infini des cieux

Afin d’aller trouver au déclin de mon âge

Tel l’oiseau migrateur, de mon repos, le lieu

 

Car je sens qu’une pure et envoûtante force

Va aspirer mon âme en invisible aimant

Pour l’ôter de mon corps devenant vide écorce

Après avoir été son chevalier servant

 

Ainsi un beau matin dans un battement d’ailes

Je quitterai ce corps en léger papillon

Et je dirai adieu à cet ami fidèle

Avant de m’envoler dans un blanc tourbillon

 

Je ferai en partant tout le tour de la Terre

Pour la remercier de ses nombreux bienfaits

Lui demander pardon pour toutes les misères

Sacrilèges et dégâts que l’homme lui a faits

 

Puis je mettrai le cap vers la nuiteuse lune

Qui aura tant bercé mes rêves et mes amours

De là je vous ferai à chacun, à chacune

Un ultime baiser avant mon long parcours

 

Je filerai alors vers les belles planètes

Telluriques et gazeuses, amantes du soleil

En m’éloignant de lui et de ses flammes en fête

Qui enlumineront mon sublime sommeil

 

Je contemplerai Mars, Jupiter et Saturne

Après un au-revoir à Mercure et Vénus

Et je verrai bientôt le bleu froid de Neptune

Contrastant la pâleur de la blême Uranus

 

Je croiserai peut être une jolie comète

Qui déploiera pour moi sa longue traîne d’or

Et me transportera blotti contre sa tête

Là où le grand Soleil n’est plus qu’un bouton d’or

 

Arrivé aux confins de cet ordre solaire

Je chercherai ma route à travers le Cosmos

Zigzaguant et rêvant parmi les champs stellaires

Scintillant aux couleurs des gais azuleros

 

 Je verrai l’Éridan, Cassiopée, la Grande Ourse

Andromède, la Lyre et le Cheval Ailé

Ces constellations orienteront ma course

En dépliant pour moi leur chemin étoilé

 

Puis je m’élancerai dans l’abyssal espace

Avec le fol espoir de remonter le temps

Et d’arriver enfin au divin face-à-face

Qui fera de ma mort un éternel printemps

 

Car je sais qu’à la fin de ce dernier voyage

S’ouvrira devant moi un magique décor

Où m’attendra, radieux, sur son petit nuage

En me tendant les bras, l’Amour Pantocrator

 

 

Renaud MAUGEY le 19 juin 2020

 

 

 

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27 mai 2020

Rébellion salutaire?

coronavirus 1

 

 

 

 

Il a fallu que l’homme une nouvelle fois

De l'ordre primitif brusque et bafoue les lois

Pour que dame nature en son substrat atteinte

Ne lui inflige aussi des souffrances et des craintes

 

Pourquoi d'ailleurs a t'elle attendu si longtemps

Pour punir ses méfaits dont il fait passe-temps

L'obstinée récidive exige la vengeance

Car se laisser meurtrir multiplie les offenses

 

Et lui qui se prenait pour du globe le roi

A dû se confiner tel un pleutre aux abois

Ne devant son salut qu’à la mansuétude

D’un virus qui aurait pu être bien plus rude

 

Depuis qu’il est claustré la nature revit

Elle reprend ses droits pendant que lui survit

La vaste pandémie a inversé les rôles

Et tout est rebattu de l’équateur aux pôles

 

L’air n’est plus un poison, c’est un souffle nouveau

Le ciel n’est plus voilé, il est pur, il est beau

Les océans, les mers, revoient leur transparence

Les animaux, surpris, entendent le silence

 

L’on ne consomme plus par besoins inventés

L’on retrouve bon sens et solidarité

L’amour, l’esprit, la foi ne sont plus rétrogrades

Et le moment n’est plus à des fanfaronnades

 

L’homme semble calmé, il vit au ralenti

Il reconnaît des fautes et se dit repenti

Mais il n'est pas encore entré en pénitence

Et le remords est loin de la résipiscence

 

Pour que cette révolte ait effet de leçon

Il ne doit itérer en aucune façon

Comprendre qu’il n’a plus qu’une dernière chance

Dans le jeu de sa mort ou de sa survivance

 

Cette calamité peut être un don du ciel

Pour retrouver la voie du monde matriciel

Où le creuset divin fît l’homme et la nature

Afin qu’ils vivent ensemble une noble aventure

 

Homme fourbe mets fin à tes égarements

Rétablis cette terre à son commencement

Démontre au jour le jour qu’enfin tu la respectes

Alors il se pourrait qu’elle te désinfecte

 

 

Renaud MAUGEY le 27 mai 2020

 

 

 

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08 avril 2020

Son Rire

fleur cirse 2

Le Cirse:une fleur des champs

 

 

 

 

Son rire est une aubade, un baiser au matin

Un rayon de soleil enfanté par sa bouche

Une rose qui s’ouvre, un bruit d’ailes lointain

Un air de mandoline aux doigts d’une Manouche

 

Son rire est un oiseau célébrant le printemps

Dispersant dans l’azur ses ensorcelants trilles

Un ruisseau vagabond dont le gai passe-temps

Est de tamiser l’or de son eau qui gambille

 

Son rire est du cristal, clair, limpide, argentin

En ses éclats de verre il rayonne et enchante

Comme les jolies notes issues d’un clavecin

Guidant un menuet lors de fêtes galantes

 

Son rire est un festin, un vin mystérieux

Un échanson de l’âme, à la mettre en ivresse

On le boirait sans fin car il nous rend heureux

Il est frais, pétillant, nous remplit d’allégresse

 

Son rire est une danse, un lied, un impromptu

Il se fait boléro, toccata ou bien fugue

Il a des accents graves et des accents pointus

Son ample tessiture est belle et nous subjugue

 

Son rire est plein d’esprit et de légèreté

Il est facétieux, réjouissant et drôle

Il n’est jamais méchant et sans fatuité

Il est franc, naturel. Il nous grise et enjôle

 

Son rire est un vent frais aux arômes de miel

Un mélange joyeux de jazz et de biguine

Un papillon lutin aux couleurs d’arc-en-ciel

Répandant en passant l’élixir qu’il butine

 

Son rire est généreux, c’est un cadeau du cœur

Il est un faire-part d’amour et de partage

Un baume atténuant les larmes et les rancœurs

Une main qui se tend, bouée de sauvetage

 

Son rire est optimiste, il est contagieux

Il sent bon la jouvence, il est la joie de vivre

Il est fluide et doux, il est mélodieux

C’est un bouquet de fleurs qui sent bon et enivre

 

Son rire lui ressemble, il est noble, il est beau

Il est mon réconfort, il est mon espérance

Mon joli talisman, mon précieux joyau

Mon lumineux bonheur, ma corne d’abondance

 

 

 

Renaud MAUGEY le 8 avril 2020

 

 

 

 

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03 mars 2020

À quoi bon vivre?

pion 2

 

 

 

 

Ma vie ne me plaît pas, le monde est triste et laid

L’homme n’est qu’un nuisible, il détruit la nature

Devenue par sa faute un vaste champ d’ordures

Où je serai bientôt jeté comme un déblai

 

Pion manipulé, sans vraie identité

Constamment pourchassé sur son chemin d’errance

Je ne fais que passer en être de souffrance

Mon cœur, mes sentiments, sont en captivité

 

Le soleil et l’amour, hélas, ne sont que leurres

Car partout malfaisance, haine et venin affleurent

Dès lors à quoi bon vivre en ce lieu sans espoir

 

Mon seul contentement est la nuit quand je rêve

Au monde que j’invente en ma cité dortoir

Mais qui part en lambeaux dès que le jour se lève.

 

 

 Renaud MAUGEY le 3 mars 2020

 

 

 

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07 janvier 2020

Haïkus

horloge coucou 1

 

 

 

L’étoile du soir

Éternelle espérance

Des itinérants

 

Petit écureuil

Agite sa rousse queue

Tel un éventail

 

Un frais clapotis

Enfanté par la brise

Réveille l’étang

 

L’horloge sonne

Alors le coucou chante

Sont ils amoureux ?

 

Sur sa joue rose

Se pose un papillon blanc

Virginal baiser

 

Le soleil couchant

Aussitôt se lève ailleurs

Divin magicien

 

Ce porte-plume

Messager de mes tourments

Et de mes rêves

 

Ses beaux yeux gris-bleu

D’azur et de nuages

De soleil et pluie

 

Les doigts de la main

Interprètes de l’âme

Pour le bien, le mal

 

La neige tombe

Ses flocons qui toupillent

Sont porte-bonheurs

 

Entre les branches,

Harpes éoliennes, le vent

Se fait musique

 

Au crépuscule

Le ballet des étourneaux

Magique énigme

 

 

 

Renaud MAUGEY le 7 janvier 2020

 

 

 

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16 décembre 2019

Aucun Dieu ?

voie lactée 1

 

 

 

Qu’il n’existe aucun Dieu, Éternel, Tout-Puissant

Apte à rendre Justice en lui même immanente

Pour célébrer les bons et punir les méchants

Voici le cauchemar qui, chaque nuit, me hante

 

Que tous ceux ici bas maltraités, torturés

Dont la vie n’a été que pleurs et que souffrances

Ne connaissent jamais un Éden azuré

Me remplit de tristesse et de désespérance

 

Que victimes et bourreaux aient tous le même sort

Au moment d’être mis dans l’oubli de la terre

Que le bien et le mal soient égaux dans la mort

Me fait crier vengeance et me met en colère

 

Que ne soient point blanchis de pauvres innocents

Que ne soient reconnus des êtres irréprochables

Que restent déportés tous ces vingt, tous ces cent

Font de Nuit et Brouillard un cri insupportable

 

Penser que jamais plus je ne pourrai revoir

Ma femme, mes enfants, ceux qui sont dans mes veines

Tous les gens et les lieux qui ont su m’ émouvoir

Me met au fond de l’âme une indicible peine

 

Penser qu’au bout du bout reviendra le néant

Que tout disparaîtra dans une déchirure

Par un jeu de hasard infernal et géant

Muerait une promesse en une forfaiture

 

Car l’on a bien promis un enivrant destin

A ceux énumérés dans les Béatitudes

Ils doivent être sauvés par cet être Divin

Transcendant et parfait, pétri d’infinitude

 

Alors viendra t’il donc ce Dieu du Grand Bonheur

Faire de nos baisers l’impartiale somme

En nous disant «Voyez, l’Amour est Rédempteur

L’Enfer, le Paradis sont dans le cœur des hommes»

 

 

 

Renaud MAUGEY le 16 décembre 2019

 

 

 

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30 octobre 2019

Une douce journée

etang 2

 

 

 

 

Le sourire de l’aube emporte mon sommeil

J’ouvre, heureux, les volets comme on commence un livre

Avec envie, espoir, le cœur plein de soleil

Le parfum des tilleuls près du vieux puits m’enivre

 

Les oisillons pépient pour célébrer le jour

Craintifs au bord du nid ils agitent leurs ailes

Guettant de leurs parents les nourriciers retours

Ces joyeux va-et-vient forment une ritournelle

 

La rosée du matin égrène un chapelet

De perles de cristal à l’intention des roses

Toilettant leurs pétales en un lent menuet

Qui déplie leurs corolles en une apothéose

 

Les blondes tourterelles et les pigeons ramiers

Vadrouillent sur le toit, céleste observatoire

Par leurs roucoulements ils m’annoncent en premier

La pluie, un visiteur et bien d’autres histoires

 

Un joli champ de fleurs entoure la maison

Que butinent à l’envi papillons et abeilles

Je pourrai récolter en fin de lunaison

Du miel de pissenlit et de salsepareille

 

En contrebas se tient un bucolique étang

Où barbotent gaiement canards, marmaronnettes

J’aime les regarder en leur ballet flottant

Faire des ronds dans l’eau tout autour des massettes

 

Plus loin dans la campagne un rythme printanier

Unit hommes et bêtes aux travaux des semailles

Avant que l’angélus au clocher familier

Ne prélude une pause aux doux bruits des sonnailles

 

Lors je vais somnoler sous les alisiers blancs

Leurs arômes sucrés, hypnogènes, m’apaisent

Je me revois enfant, écolier, à mon banc

Lorsque je rêvassais dans une parenthèse

 

Puis je m’en vais flâner sur de jolis chemins

Longeant de frais ruisseaux ou des buissons sauvages

J’écoute le bruant, l ’étourneau roselin

Le bouvreuil, le pouillot en leur divin ramage

 

En fin de baguenaude, au baiser d’Hespéris

Je reviens par les champs poudrés de pâquerettes

J’y cueille des chardons pour mon bel âne gris

Qui m’attend goulûment et me fera la fête

 

Il n’y a plus au soir qu’à dessiner la nuit

Comme l’aquarelliste aux bords de sa palette

Dépose des couleurs et que son regard luit

Des tableaux que déjà il a peints dans sa tête

 

La vie s’écoule ainsi en ce lieu de douceur

Où tous nous vénérons les lois de la nature:

Respect, humilité, patience et grandeur

Celles qui font un homme ou bien le transfigurent

 

 

 

Renaud MAUGEY le 30 octobre 2019

 

 

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11 septembre 2019

Le Nuage

nuage 5

 

 

Je suis blanc, gris, noir, rouge ou rose

Chaque instant me métamorphose

Patchwork éphémère et mouvant

Je chemine au hasard des vents

 

Je nais de l’eau que j’ai versée

Ronde sans fin recommencée

Ma destinée est de pleurer

Sur la terre pour l’abreuver

 

Je suis l’ondée, je suis l’averse

L’éclair foudroyant qui transperce

L’éther de ses flèches d’argent

Les flocons en voltigement

 

Je suis aussi l’eau du Déluge

Après que l’Arche du Refuge

Ait recueilli l’Humanité

Purgée de sa méchanceté

 

J’offre mon aile salutaire

Pour protéger du feu solaire

Faire de l’ombre m’est un jeu

De cache-cache fluctueux

 

Je suis vagabond, versatile

Insaisissable ou immobile

Majestueux et nonchalant

Fugitif et ensorcelant

 

Tout à la fois captif et libre

Je suis toujours en équilibre

Entre nulle-part et ailleurs

Sur mon grand coussin de vapeur

 

Sans me soucier des frontières

Je flotte entre deux hémisphères

Un peu comme entre Bien et Mal

Un voyage subliminal !

 

Je suis peintre de la nature

Je dessine mille figures

Visages improbables, envoûtants

Fantômes noirs et moutons blancs

 

Je suis ainsi porteur de rêves

Tel un facteur je les relève

Et les emporte à l’horizon

Sur ma ligne de flottaison

 

Je relie le Ciel et la Terre

En leurs secrets et leurs mystères

Elle est la Chair, il est l’Esprit

Dieu par Moïse l’ a écrit

 

Chacun de nous est un nuage

Devant traverser des orages

Pour s’en aller vers l’au-delà

Trouver le Divin qui est là

 

 

 

 

 

Renaud MAUGEY le 11 septembre 2019

 

 

 

 

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