Renaud et poésie

30 octobre 2018

Les bruits de la nuit

bruits nuit 1

 

 

 

Sur le grand clavier du silence la nuit joue la partition de ses bruits

familiers, inhabituels ou énigmatiques:

 

Des volets qui se ferment

Une moto qui passe

Un chien qui aboie

Un autre qui lui répond

Le balancier de l’horloge

Le plancher qui craque

Un hibou qui hulule

Une voiture qui s'arrête

Une portière qui s'ouvre

Quelques mots échangés

Des baisers qui s’ébruitent

La voiture qui redémarre

Le portail qui grince

Des pas dans l’escalier

Une clef qu’on tourne

La voisine qui rentre

Un crapaud qui coasse

Le vent dans les feuillages

Le frigidaire qui ronronne

Une souris au grenier

Un train dans le lointain

Le bar qui baisse son rideau

Un clochard éméché

Des fêtards attardés

Un chat qui miaule

La pluie contre la vitre

La gouttière qui gargouille

La chaudière qui s’assoupit

Le pin-pon des pompiers

Un enfant qui pleure

Un meuble qui bouge

Le frou-frou d’un fantôme

Un robinet qui goutte

Minuit sonne au clocher

Un air d’accordéon se perd

Les canaris gringottent

Le tic-tac de ton cœur

Qui me rassure et qui m'endort.....

 

 

 

Renaud MAUGEY le 30 Octobre 2018

 

 

 

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29 septembre 2018

Ah que je suis heureux

colombes 1

 

 

 

Ah que je suis heureux lorsque je viens surprendre

Au tain de ton miroir ton lumineux regard

Ses belles flammes blondes aux joyeux reflets d’ambre

Sont d’un plus bel éclat qu’un rayonnant quasar

 

Ah que je suis heureux quand je sens se répandre

Venant de tes cheveux d’exotiques parfums

Aux fragrances de miel, vanille ou palissandre

Apportées par les vents, la pluie et les embruns

 

Ah que je suis heureux lorsque je peux apprendre

Sur tes lèvres fleuries l’alphabet des baisers

Amignonner tes seins, colombes au rose tendre

Qui tels ces oiseaux blancs se laissent apprivoiser

 

Ah que je suis heureux lorsque je peux entendre

Le petit bruit charmant du tic-tac de ton cœur

Ce joli métronome a le don de me rendre

Apaisé et serein.Il m’emplit de bonheur

 

Ah que je suis heureux quand la nuit je peux prendre

Avant de m’endormir ta fine et douce main

Que blotti contre toi dans le nid de la chambre

Je m’envole en rêvant vers nos beaux lendemains

 

 

 

 

 

Renaud MAUGEY le 29 septembre 2018

 

 

 



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31 août 2018

L'étang du Merlançon

étang 2

photo de Marie MAUGEY

 

 

 

Il est près de chez moi au cœur de la Corrèze

Un lieu de pur bonheur:l’étang du Merlançon.

Un collier de sapins, de hêtres et de mélèzes

Le cache et le protège en un bel unisson

 

Les sautillants ruisseaux venant de Millevaches

L’abreuvent d’une eau claire aux reflets enchanteurs

Joli méli-mélo d’aquarelles et de gouaches

Dont sa faune et sa flore accordent les couleurs

 

Du rose nymphéa au drosera orange

Du jaune des iris au petit fluteau blanc

Du vert des hautes herbes au bleu de la mésange

J’aime cet éventail qui va se dépliant

 

Oiseaux, poissons, insectes, en un joli manège

Volent, filent ou bien dansent entre le ciel et l’eau

Offrant des vocalises aux gracieux arpèges

Et des dessins mouvants dans les joncs et roseaux

 

Je vois moucheronner la lactescente ablette

Fouiller le fond de l’eau la brème et le goujon

Bondir de-ci de-là une grenouille verte

Et frétiller la truite au milieu des gardons

 

Sur un bas touradon couve une bécassine

Avec pour chaperon un fier héron cendré

Tandis que des colverts à la nage lutine

Muguettent une sarcelle au plumage azuré

 

Se balançant sans bruit sur une souple branche

Se prépare à plonger un gai martin-pêcheur

Son fulgurant départ de ce perchoir déclenche

L’envolée d’un bouvreuil et d’un pouillot siffleur

 

Par effet domino s’élancent une fauvette

Un essaim d’étourneaux, un pigeon colombin

Deux roitelets huppés, une bergeronnette

Et sous les frondaisons trois timides lapins

 

Je vois jouer au loin des loutrons et leur mère

Pendant que tourne en rond un goulu balbuzard

Son regard jaune vif fait déjà bonne chère

D’un serpent, d’un crapaud, d’un paresseux lézard

 

Lentement un chevreuil se rapproche de l’onde

Faisant fuir un renard qui s’y désaltérait

Observé en retrait par sa chevrette blonde

Avec leur jeune faon s’enivrant de son lait

 

En ce séjour secret la vie ainsi s’écoule

Je crois être une bulle au dessus d’un miroir

Qu’il est bon d’être loin du bruit et de la foule

Pour l’âme et pour le cœur l’endroit est un lavoir

 

 

Aussi quand dans le soir mille et une étincelles

Crépitent sur leurs ailes en jaune, en rouge, en bleu

La danse sur l’étang des belles demoiselles

De la beauté du monde est le magique aveu

 

 

 

 

 

Renaud MAUGEY le 31 août 2018

 

 

 

 

 

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29 juillet 2018

L'Amour est enfant de poème

 

 

 

 

L’Amour est enfant de poème

Il naît souvent de quelques vers

Écrits au petit matin blême

Pour le cœur qu’on a découvert

 

L’Amour est enfant de poème

Par lui il croît et embellit

Tout comme Dieu par le baptême

Nous purifie, nous ennoblit

 

L’Amour est enfant de poème

Il magnifie les sentiments

A la fois écrin et diadème

Il en est le bel ornement

 

L’Amour est enfant de poème

Il l’accompagne au jour le jour

De son début jusqu’à son terme

Afin qu’il rime avec toujours

 

L’Amour est enfant de poème

Il perpétue les souvenirs

Les divinise et les essaime

Pour mieux les faire refleurir

 

L’Amour est enfant de poème

Grâce à lui restera gravé

De nos vies le plus bel emblème

Celui dont chacun a rêvé

 

L’Amour est enfant de poème

Il atténue bien des chagrins

Tout comme un joli chrysanthème

Donne à la tombe un air serein

 

L’Amour est enfant de poème

On peut relire à l’infini

Le vers où est écrit «je t’aime»

Ainsi jamais il ne finit

 

 

 

Renaud MAUGEY le 29 juillet 2018

 

 

 

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30 juin 2018

Le labyrinthe de la vie

labyrinthe 4

 

 

La vie est un long labyrinthe

Où l’on nous dépose un matin

En nous affirmant «n’ayez crainte

Vous trouverez votre chemin»

 

Mais dans ce dédale erratique

L’on reste seuls, désemparés

L’aventure est initiatique

Nul n’en peut être exonéré

 

Ainsi donc livrés à nous mêmes

Il va bien falloir s’en sortir

Par ruse, chance ou stratagème

Notre destin doit s’accomplir

 

Le parcours est semé d’obstacles

Il faut être un vrai combattant

Car ce ne sont pas les oracles

Qui les rendront moins éprouvants

 

Tout n’est que lacis et méandres

Voies sans issue, fossés, détours

Manigances et pièges à revendre

Écueils et dangers alentours

 

Le labyrinthe est rempli d’ombres

Il est sinistre et inhumain

Il est plein d’amas et décombres

L’on ne peut entrevoir sa fin

 

L’on voit d’étranges personnages

Qui nous effrayent en ricanant

L’on ne perçoit pas leurs visages

Ils semblent venir du néant

 

L’on cherche en vain dans ces arcanes

La main tendue que l’on attend

Pauvre Thésée sans Ariane

C’est du hasard que l’on dépend

 

Dans cette épreuve d’ordalie

L’espoir n’est pas le bienvenu

L’on est tout près de la folie

Quand on marche vers l’inconnu

 

Mais soudain finit notre errance

La porte s’ouvre, on voit le jour

Est ce l’écheveau des souffrances

Qui dévide le fil d’Amour?

 

 

 

Renaud MAUGEY le 30 juin 2018

 

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30 mai 2018

Éradication

baleine bleue 3

Baleine bleue avec son baleineau

 

 

 

Qu’arrive enfin le temps pour l’homme d’expier

De voir le Tout Puissant venir le châtier

Le lobotomiser pour l’empêcher de nuire

Et même, en vérité, carrément le détruire

 

Que Justice soit faite au vu de ses méfaits

Puisque c’est dans ses crimes hélas qu’il est parfait

Mettant son énergie à n’être que barbare

Un phénix de l’effroi qui renaît de ses tares

 

Il n’est plus aujourd’hui de raison d’espérer

Depuis sa survenance il ne fait qu’empirer

Il se prend pour un Dieu, maître de la nature

Massacrant sans remords toutes les créatures

 

Il est méchant dans l’âme et aussi dans le cœur

De la terre il a fait la maison de l’horreur

Il ne respecte rien et pas même lui même

Sur tout ce qui est beau il jette l’anathème

 

Pourquoi dès lors surseoir à sa mise au rebut

Puisque depuis toujours le mal est son seul but

La cruauté en lui est ancrée, instinctive

Il faut l’éradiquer pour que la vie revive

 

Je serai sans regrets à l’heure de ce choix

Car l’homme s’est mis seul hors l’amour, hors la loi

Aussi sauvons plutôt le joli rouge-queue

La mésange nonnette et la baleine bleue

 

 

 

 

Renaud MAUGEY LE 30 mai 2018

 

 

 

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30 avril 2018

Ma chambre sous les toits

toits

 

 

 

 

Au temps de mes vingt ans je vivais sous les toits

Une chambre en mansarde abritait ma bohème

Insouciant, heureux, en ce logis étroit

Dans les vapeurs d’alcools j’écrivais des poèmes

 

La lune me servait de lampe de chevet

Je composais des vers que j’offrais aux étoiles

Je récitais Rimbaud assis sur mon duvet

Rêvant à Ophélie flottant dans son long voile

 

Je partageais les lieux avec Ébène, un chat

Qui était apparu un soir à ma lucarne

C’est ma tarte au saumon qui, je crois, l’alléchât

Dès lors mon garni fût son pays de cocagne

 

Parfois je le suivais par le vieux vasistas

Sur les versants pentus de la vaste toiture

Et pendant qu’il cherchait quelques señoritas

Je respirais la ville en ses fragrances impures

 

Entre sol et nuages et loin du grouillement

Je restais là, pensif, à écouter la vie

En tous ses bruits divers et son bouillonnement

Et j’admirais la Seine ardente ou alanguie

 

La couverture en zinc semblait un océan

Aux vagues argentées et les cheminées grises

Celles de vieux steamers au panache fumant

Partant pour des voyages inventés par la brise

 

Bien souvent sous ce comble avec quelques amis

Nous refaisions le monde en piètres philosophes

Tout en jouant aux dés, à la coinche, au rami

Et lançant jeux de mots, charades et anastrophes

 

 

 

C’est aussi en ce nid que mes primes amours

Ont fait vibrer mon cœur et torturé mon âme

T’en souviens tu Armance aux lèvres de velours

Et toi lutine Inès, vive et dansante flamme

 

Je n’étais jamais seul en cet abri sous toit

Je voyais défiler au dessus de ma tête

Des moineaux, des pigeons, des souris et parfois

Brillant sur le carreau les yeux d’une chouette

 

Je contemplais aussi chaque matin le ciel

Déployant ses couleurs allant du grège au rose

Posant ombres et lumières, orages, ondées, soleil

Sur ma vitre comblée par ses métamorphoses

 

Et j’aimais le silence envoûtant et secret

Que la nuit égrenait sur la ville endormie

Je me sentais gardien du haut de mon adret

du sommeil des autres sous la voûte embrunie

 

La vie s’est écoulée et je n’ai plus vingt ans

Mais je conserve en moi ce lieu de ma jeunesse

Afin d’éterniser ma soupente d’antan

Car il n’y a plus rien à mon ancienne adresse

 

 

 

 

 Renaud MAUGEY le 30 avril 2018

 

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31 mars 2018

Les Dahlias

dahlia 6

 

 

 

Que j’aime les dahlias sous le soleil d’été

Joyeux soleils eux mêmes et lumineux délices

Ils allient l’élégance à la rusticité

Explosant leurs couleurs en un feu d’artifice

 

Au bout de hampes fines ils flottent en riant

Ondulant en cadence en une jolie ronde

Du pompon nid d’abeille aux petits plis charmants

Au dahlia anémone aux pousses vagabondes

 

Il en est de légers aux pétales étoilés

Comme si Dieu avait brodé de la dentelle

D’autres plus fantaisistes, un brin échevelés

Pour mieux ensorceler la gente demoiselle

 

Tous ont des coloris qui sont des œuvres d’art

Leurs teintes et leur éclat semblent venir d’un rêve

Éclos du nuancier qui sourit et s’ épart

Entre les fards de l’aube et du jour qui s’achève

 

Ils s’habillent de vert, de rose ou de grenat

D’ un opalin lilas aux reflets d’améthyste

D’un jaune chatoyant ombré de chocolat

D’un camaïeu de blancs , ailé, surréaliste

 

Ils ont de longues fleurs orange aux pointes d’or

De rouges capitules aux blondes panachures

Des ligules framboise, abricot ou encor

De grands disques de feu aux braises de tellure

 

Ils peuplent mon regard ces dahlias envoûtants

Je ne les cueille pas, ils sont la joie de vivre

Et même sous la pluie ou le souffle du vent

Ils forment des tableaux dont mon âme s’enivre

 

 

 

Renaud MAUGEY le 31 mars 2018

 

 

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28 février 2018

Les Mains

main 3

 

 

 

Ô mains des nouveaux nés, roses et fragiles fleurs

Dont chaque petit doigt s’ouvre comme un pétale

Vous avez de vos mères emprunté la douceur

Qu’elles vous ont donnée en votre vie fœtale

 

Ô mains de ces mamans qui seront pour toujours

Un guide et un repère, un havre de tendresse

Un lieu de réconfort, un refuge d’amour

Aussi le talisman que sur son cœur l’on presse

 

Mains ouvertes à l’offrande en bel anonymat

Qui reçoivent les peines et donnent l’espérance

Qui transmettent le bien inscrit dans leur karma

Et dont l’effleurement apaise les souffrances

 

Mains noueuses et blessées des rudes travailleurs

Épuisées d’ouvrager le fer, le bois, la terre

Celles des asservis et des souffre-douleur

Qui ne connaîtront que les plaies et la misère

 

Mains de la résistance et de la liberté

Étendards du peuple opprimé en révolte

Puis symboles d'union et de fraternité

Quand l'idéal chanté se sème et se récolte

 

Mains d’artistes, éthérées, semblant venir du ciel

Fines ou arrondies mais d’une grande adresse

Dont les gestes légers et presque immatériels

Allient grâce et beauté et génie et noblesse

 

Mains qui parlez par signes aux sourds et aux muets

Qui offrez aux aveugles un instant de lumière

Qui êtes une bouée, un saint-bernard discret

Et qui le soir venu vous mettez en prière

 

Mains douces et charnelles aiguisant le désir

Par des jeux sensuels tout en délicatesse

Provoquant crescendo la montée du plaisir

Et puis l’enchantement amenant à l’ivresse

 

Mains implorant en vain l’éternel tout puissant

Pour que s'arrêtent enfin les massacres et les guerres

Qui n’ont pour se laver que des fleuves de sang

Et pour étreindre encor que des tombes de pierre

 

Mains joyeuses qui dansent et rient à l’unisson

En tenant d’autres mains dans de gaies farandoles

Et qui du verbe aimer font la conjugaison

En formant le dessin d’un oiseau qui s’envole

 

Mains ces ponts éternels entre générations

Par qui passent d'instinct l’entraide et le partage

Passerelles d'amour et divinisation

Des plus beaux sentiments entre gens de tous âges

 

Mains au bout de la vie défleuries par le temps

Mais belles du passé qui coule dans leurs veines

Que l'on aimerait voir trembler encor longtemps

Jolies petites flammes à la pâleur sereine

 

Ô mains qui s'entrelacent au moment de dormir

Pour s'en aller rêver sur leur petit nuage

Mains de celles ou de ceux que l’on aime à mourir

Et qui tiendront les nôtres avant le grand voyage

 

 

 

Renaud Maugey le 28 février 2018

 

 

 

 

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31 janvier 2018

La feuille

feuille 3

 

 

 

                                                             Comme la feuille au déclin de l’automne

                                                             Sent que l’hiver va faire sa besogne

                                                             Et se résigne à ce compte à rebours

                                                             Acceptons la fin de notre parcours

 

                                                              Sous la pluie, les tempêtes, la froidure

                                                              Fataliste elle endure ses blessures

                                                              Jusqu’ au jour où emportée par le vent

                                                              Elle s’envole inéluctablement

 

                                                              Après de belles et lentes arabesques

                                                              Elle se pose, ombre funambulesque

                                                              Puis disparaît sous l’humus fécondant

                                                              Pour devenir la feuille au bois dormant

 

                                                              Dès lors pétrie, nourrie par cette terre

                                                              Elle se ressource et se régénère

                                                              Luttant contre la mort et le néant

                                                              Pour retrouver le monde du vivant

 

                                                              Et c’est ainsi qu’au printemps sous la lune

                                                              L’on voit poindre sur les ramures brunes

                                                              Des bourgeons, symboles du renouveau

                                                              Lui ressemblant comme deux gouttes d’eau

 

                                                              Notre vie, elle aussi, est éphémère

                                                              Mais si notre corps devient poussière

                                                              C’est pour rejoindre ce terreau d’amour

                                                              Qui nous fera renaître pour toujours

 

 

 

                                                               Renaud MAUGEY le 31 janvier 2018

 

 

 

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