Renaud et poésie

06 juin 2021

Il n'est point ici-bas

                                                              Méditation pour la Paix, l'Amour sur Terre | PHILIPPE-WILLIAM SINCLAIR 

                                                                                     Création de Philippe-William Sinclair

                                                    

 

 

Il n'est point ici-bas de vraie félicité

Nos moments de bonheur sont rares et éphémères

C'est la faute de l'homme empreint de vanité

Qui préfère à la paix la force et ses chimères

 

Tout, de son fait, hélas, est fragile, incertain

Ce qui est beau en laid il le métamorphose

Il détruit aujourd'hui ce qui est pour demain

Et installe le diable en mille et une choses

 

Heureusement l'Amour sera notre antidote

Car un jour il vaincra face à l'homme despote

Qui devra respecter la loi des interdits

 

Dès lors quand il aura purifié son âme

Et de son cœur obtus éliminé l'infâme

Notre Terre sera enfin le paradis

 

 

Renaud MAUGEY le 6 juin 2021

 

 

 

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04 mai 2021

Mon Notre Père

Notre Père 1

dessin fr freepik.com

 

 

 

Notre Père qui êtes

J’avoue je ne sais où

Peut être nulle part

Mais peut être partout

Dîtes moi où vous êtes

Et où vous habitez

S’il est bien vrai

Que vous existez

Car si tel est le cas

Je suis donc votre enfant

Et dès lors j’aimerais

Bien sûr vous rencontrer

De préférence…...de mon vivant

Pour rattraper le temps perdu

Profiter l’un de l’autre

Partager et discuter

De tout et de rien mais surtout

De ce monde effrayant

Qu’est devenue

La boule blanche et bleue

Où j’ai été déposé

Et où je vais mourir

Plein de souffrances

Et sans grande espérance

Oui j’aimerais bien

Connaître vos projets

Pour l’Univers, la Terre

Et pour l’Humanité

Qui a tant besoin d’Amour

Et de votre secours.

Vous me direz aussi

Comment vous vous nommez

Dès lors que votre nom

Doit être sanctifié

Et pourquoi demander

Que votre règne vienne

Puisqu’étant Créateur

De toute la matière

Visible et invisible

Vous disposez de tous pouvoirs

Depuis des milliards d’années

Et pour l’Éternité.

Et si votre volonté doit être faite

Vous ne sauriez, je pense

Être heureux ni satisfait

De ce que l’Homme

Créé à votre image

Soit aussi méchant qu’il l’est.

Car sans vous offenser

Vous pouvez et devez

Le délivrer de tout mal

L’empêcher de nuire

Et ne pas le laisser

Entrer en tentation.

Vous pouvez aussi lui donner

Son pain quotidien

Et subvenir à ses autres besoins

Ce qui l’empêchera d’invoquer

Votre responsabilité

Et de se disculper.

Ne tardez pas je vous en prie

Car du haut des cieux

Forcément vous voyez

Qu’il y a grande urgence

À ce que vous interveniez.

Alors ô mon père inconnu

Je compte vraiment sur vous

Et vous remercie par avance

De venir nous sauver

Amen

 

 

 

Renaud MAUGEY le 4 mai 2021

 

 

 

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04 avril 2021

Les petits bateaux des bassins

voilier 2

 

 

À mon beau-frère Georges, descendant de l' Amiral Horatio NELSON

et actuellement pacha du HMS VICTORY en cale sèche à Portsmouth

 

 

 

Lorsque j’étais enfant et avais été sage

Mes parents m’emmenaient le dimanche matin

Au parc du Luxembourg où sur le grand bassin

Je faisais naviguer des bateaux de louage

 

Mon premier batelet, un voilier de plaisance,

Était un frêle esquif avec un joli mât

Las il n’aimait pas trop de Paris le climat

Et restait sur le bord attendant les vacances

 

Afin de progresser dans mon emploi de mousse

Je dus m’aventurer sur d’autres dériveurs

Des boutres, des bisquines et divers caboteurs

Lors j’obtins le brevet de vrai marin d’eau douce

 

Puis l’audace venant j’affrontais les tempêtes

J’abordais les forbans, pirates et flibustiers

Et je faisais la course avec les régatiers

Nous étions tous amis et l’on faisait la fête

 

À douze ans révolus je devins capitaine

D’abord d’un chalutier, puis d’un gros remorqueur

Enfin d’un élégant paquebot à vapeur

Sur lequel je partais pour des courses lointaines

 

Je traversais ainsi l’océan Atlantique

J’arrivais à New-York sous mille et un vivats

Cet accueil m’éblouit et me surmotiva

Aussi je mis le cap vers le grand Pacifique

 

Je fus bientôt nommé amiral de la Flotte

Je passais en revue vaisseaux et bâtiments

Mon navire accueillait un brillant régiment

Dont mon chien Magellan devenait la mascotte

 

Mais, hélas, ce destin n’eût lieu que dans mes rêves

Les nuits suivant les jours passés sur le bassin

Car, à la vérité, je n’étais qu’un gamin

Attendant près du bord qu’enfin le vent se lève

 

Je garde dans mon cœur ces bateaux de jeunesse

Que je poussais sur l’eau avec un long bâton

J’aimais leurs coques en bois peintes de jolis tons

Et leurs voiles joufflues qui nous mettaient en liesse

 

Elles charmaient nos yeux en bleu, en blanc,en rouge

Se croisaient, s’attouchaient en un magique bal

Ce kaléidoscope aquatique et floral

Muait à l’infini comme l’onde qui bouge

 

 Aujourd’hui quand je vois les garçons et les filles

Qui pour les plaisirs simples ont souvent du dégoût

Je pense à cette époque où pour juste deux sous

Nous avions du bonheur au fond de nos pupilles

 

 

 

Renaud MAUGEY le 4 avril 2021

 

 

 

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09 mars 2021

L'Heure Bleue

Heure bleue 1

L'heure bleue à l'aurore sur le Yellowstone:photo Amar Guillen

 

Pour Marie, ma fille

 

 

 

Lorsque la nuit fait place au jour

Avant que le soleil se lève

Il est une saynète brève

Où le ciel nous offre l’amour

 

Jonglant avec mille et un bleus

Qu’il fait jaillir de sa palette

Il compose un tableau de fête

né de leurs teintes en camaïeu

 

De l’indigo à l’azurin

Du céruléen au turquoise

De l’aigue-marine à l’ardoise

Il nous dévoile un bleu divin

 

C’est le bleu du temps suspendu

Le bleu pur de l’état de grâce

Et de l’éternité qui passe

Sur le firmament étendu

 

Cet instant charnel et fuyant

Au coloris énigmatique

Renaîtra subtil et magique

Au fuseau du jour déclinant

 

Le soleil parti se coucher

Sera déjà à maintes lieues

Lorsque fleurira l’heure bleue

Pour que nos yeux puissent rêver

 

 

 

Renaud MAUGEY le 9 mars 2021

 

 

 

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14 février 2021

Qu'importe le temps

Feuillage

 

 

 

 

Qu’importe le temps

Qui blanchit tes cheveux

Et mûrit ton visage

Car chaque matin

Ils sont pour moi plus beaux

Puisque je t’aime.

La rose des sables

Ne s’embellit t’elle pas

De l’immuable vent

Qui la flétrit lentement

Mais qui sans le savoir

La cisèle et la rend

Plus belle et plus précieuse?

Chacune de tes rides

Est pour moi un trésor

Empli de souvenirs.

Chacune écrit ton histoire

Sans gommage ni fard

Et parle de ta vie

Qui est beaucoup la mienne

Chacune est marque-page

De ton journal intime

Que je lis en cachette

Quand je te vois dormir

Chacune est le sillon

De tes semailles

Ou de tes moissons

La cicatrice d’une peine

Le ruisseau de tes larmes

Le recoin de tes pensées

Le pli de tes sourires

Une note de musique

Un gage de vérité

Une empreinte d’Amour

Surtout ne les efface pas.

Elles sont mon porte-bonheur

 

 

Renaud pour Mimi le 14 février 2021

 

 

 

 

 

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08 janvier 2021

Le Saule

saule pleureur Monet 4

Saule pleureur:peinture de Claude Monet

 

 

 

Dans mon jardin joli, au bord de la rivière

Se tient humble et pensif un grand saule pleureur

Son tronc est incliné, il semble être en prière

Ses fleurs jaunes lui donnent une douce pâleur

 

Lorsque je me sens las ou bien mélancolique

Je vais me reposer sous son feuillage blond

Dont l’ample chevelure au charme romantique

A l’aspect protecteur d’un léger ventre rond

 

Il est mon confident et sait quand je suis triste

De ses rameaux de paille absorbant mes chagrins

Il les transforme en larmes ainsi qu’un alchimiste

Puis les pleure dans l’eau afin qu’ils partent au loin

 

Lui aussi, je le sens, est bien souvent morose

Son épaisse ramée lui cache l’essentiel

Il ne voit pas la vie, les oiseaux ni les roses

Et il doit se courber pour regarder le ciel

 

Chaque soir il attend la venue de la lune

Lui donner un baiser est son plus fol espoir

Il se penche un peu plus mais l’eau de la nuit brune

Ne lui offre en retour, qu’un reflet de miroir

 

C’est ce chagrin d’amour qui, parfois, le déprime

Et il se sent bien seul trois sur quatre saisons

Attendant que l’été l’exalte et le sublime

Quand peintres et poètes accourent à l’unisson

 

Pour eux, charmant la brise, avec grâce, élégance

Balançant ses rameaux tel un bel éventail

Il attire les cygnes en leur blanche mouvance

Et les jolis canards de couleur vert émail

 

Pour eux il magnifie la gente demoiselle

Les rendez-vous galants, les baisers d’amoureux

Les déjeuners sur l’herbe et les femmes aux ombrelles

Un air d’accordéon, et les moments heureux

 

Le saule ainsi n’est pas qu'un arbre de tristesse

Il est simple et discret mais toujours attachant

Il est source de vie, symbole de sagesse

Lao Tseu, Confucius l’ont trouvé bienfaisant

 

Musset aurait voulu qu’il ombrage sa tombe

Monet l’a peint en bleu, en rouge, en mauve, en vert

Le saule, en vérité, est comme une colombe

Il apporte la Paix à ceux qui ont souffert

 

 

 

Renaud MAUGEY le 8 janvier 2021

 

 

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30 novembre 2020

Les Flamants roses

Flamant 2

https://www.bouger-voyager.com/plage-des-flamants-roses-aruba/

 

 

 

Lorsque le jour se lève aux Salins de Camargue

L’on voit fleurir sur l’eau des lotus roses et blancs

Dont les pétales sont les ailes des flamants

Qui sortent de leur nuit caressés par les vagues

 

Nocturnes unijambistes à nouveau sur deux pattes

Fines et effilées ainsi que des crayons

Ils cherchent dans la vase en l’étang peu profond

Les algues colorant leurs plumes incarnates

 

De leur bec noir courbé en forme de virgule

Filtrant l’eau dans un jeu toujours recommencé

Ils aspirent plancton, crevettes et crustacés

En dandinant leur cou réglé comme un pendule

 

Grégaires, alcyoniens, d’une approche facile

Aimant la compagnie des sarcelles et canards

Qui sont hypnotisés par l’or de leur regard

Ils partagent avec eux la lagune fertile

 

Ils croisent aussi sans crainte hérons et avocettes,

Spatules et cigognes, aigrettes et chevaliers

Car l’on se doit respect dans le monde échassier

Et solidarité lorsque le danger guette

 

Parfois ils se promènent en toute nonchalance

Le long des frais roseaux, des pourpres tamaris

Qui leur offrent l’asile autant qu’à Osiris

Dès lors que le Mistral inflige ses souffrances

 

Ils restent par moments statiques et solitaires

Regardant, tête haute, au loin les grands voiliers

Ou les autres oiseaux dans leurs vols coutumiers

Qui leur donnent envie d’élans tourbillonnaires

 

Alors ils nous invitent au bal de l’élégance

Dont la chorégraphie d’instinctifs danseurs

Transforme leur plumage en tutus enchanteurs

Leur long cou ivoiré imprimant la cadence

 

Soudain poussant leurs cris venus des oies sauvages

Ils s’élancent en chœur en couraillant sur l’eau

S’envolent par nuées en un vaste tableau

Avant de revenir heureux de leur voyage

 

Bientôt vient le moment de la leçon de choses

C’est le temps des amours et de l’accouplement

Les flamants se choisissent énigmatiquement

La lagune est joyeuse et voit la vie en rose

 

Puis le printemps magique apporte les naissances

Les îlots sont couverts de poussins gris et blancs

Qui vont vite grandir durant l’été brûlant

Pour que venu l’automne ils puissent être en partance

 

Car les flamants sont mûs par un passé mythique

Leur couleur doit se fondre en celle du soleil

Qui absorbe au couchant l’éclat de leur vermeil

Qu’ils vont lui sacrifier dans un vol symphonique

 

Aussi les verrons-nous un soir au crépuscule

Migrer vers notre étoile en un bel unisson

Pour s’enflammer de rouge au bout de l’horizon

Et renaître au-delà, Phénix funambules

 

 

 

 

 

 

Renaud MAUGEY le 30 novembre 2020

 

 

 

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10 octobre 2020

La Terre libérée de l'Homme

Enfer

 

 

 

Je sens venir le temps d’un drame rédempteur

Où l’homme ayant perdu et son âme et son cœur

Après avoir bravé les lois de la nature

Ne pourra plus prétendre au rang de créature

 

Il sera devenu une entité informe

Un abject concentré des maux protéiformes

Que depuis sa genèse il a trop perpétrés

En sadique despote auto-idolâtré

 

Cette masse puante aux effluves sanglantes

Gorgée à la folie d’horreurs et d’épouvante

Plongera vers l’enfer et s’y enflammera

 

Alors débarrassée du joug de l’homme immonde

Meurtrie mais libérée la Terre renaîtra

Enfantant de ses plaies enfin un meilleur monde

 

 

Renaud Maugey le 28 septembre 2020

 

 

 

 

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20 juillet 2020

Raymonde

raymonde

 

 

 

A l’angle de ma rue se trouve un vieil immeuble

Où demeure une veuve en un triste logis

Sans confort,cafardeux, avec de pauvres meubles

Chargés de bibelots et de portraits jaunis

 

Ici pas de cuisine, un simple évier en pierre

un vieux réchaud à gaz au fond d’un noir cantou

Un petit poêle à bois aux senteurs forestières

Et un garde-manger servant de fourre-tout

 

Une chambre exiguë avec pour la toilette

Un lavabo sur cour, repaire de pigeons

Une pièce de vie au papier-peint noisette

Rendue blafarde par l’éclairage au néon

 

Posée sur une chaise auprès de la fenêtre

Se tient Raymonde âgée de quatre vingt dix ans

Elle n’en bouge pas car ses grands yeux de hêtre

Immobiles, abîmés, sont presque non voyants

 

Mais elle reconnaît les ombres familières

Des voisins et amis passant sur le trottoir

Ils rythment ses journées de façon coutumière

Sortes d’horloges humaines allant de l’aube au soir

 

Parfois ces gens d’entour viennent faire causette

La rendant porte-clefs des secrets du quartier

Ils lui offrent une fleur, un fruit, une chouquette

Ou un chocolat chaud, cadeau du cafetier

 

Malgré cette empathie elle se sent bien seule

Albert, son compagnon, au ciel s’en est allé

Elle n’a pas d’enfants et Thaïs sa filleule

Demeure à trente lieues dans un bourg isolé

 

Elle n’a plus de chats depuis plusieurs années

Rester sur ses genoux leur devenait lassant

Mais deux canaris blancs en cage laitonnée

Apportent un peu de joie dans ce décor navrant

 

Je vais souvent la voir pour gérer sa misère

Désennuyer son temps, sauver ses souvenirs

Lui demander conseil comme à une grand-mère

Ou lui prendre la main juste pour la chérir

 

Lors de ces entrevues parfois elle s’épanche

Et déroule sa vie comme dans un roman

Mêlant le rêve au vrai, les jeudis aux dimanches

Ses récits sublimés sont des bijoux charmants

 

 Las Raymonde n’est plus que flamme vacillante

Son moral en déclin et son cœur chancelant

Font qu’elle n’a plus goût pour se tenir vivante

Elle aimerait partir vers le lieu consolant

 

Alors à quoi bon vivre au-delà de ses forces

Lorsque l’on a atteint son terme corporel

Un arbre peut mourir sans sève en son écorce

Mais ses racines restent, il est intemporel

 

 

Renaud MAUGEY le 20 juillet 2020

 

 

 

 

 

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21 juin 2020

Voyage d'Érernité

Dieu Pantocrator 2

 

 

 

 

Moi qui n’ai jamais eu le goût des grands voyages

Je vais bientôt partir vers l’infini des cieux

Afin d’aller trouver au déclin de mon âge

Tel l’oiseau migrateur, de mon repos, le lieu

 

Car je sens qu’une pure et envoûtante force

Va aspirer mon âme en invisible aimant

Pour l’ôter de mon corps devenant vide écorce

Après avoir été son chevalier servant

 

Ainsi un beau matin dans un battement d’ailes

Je quitterai ce corps en léger papillon

Et je dirai adieu à cet ami fidèle

Avant de m’envoler dans un blanc tourbillon

 

Je ferai en partant tout le tour de la Terre

Pour la remercier de ses nombreux bienfaits

Lui demander pardon pour toutes les misères

Sacrilèges et dégâts que l’homme lui a faits

 

Puis je mettrai le cap vers la nuiteuse lune

Qui aura tant bercé mes rêves et mes amours

De là je vous ferai à chacun, à chacune

Un ultime baiser avant mon long parcours

 

Je filerai alors vers les belles planètes

Telluriques et gazeuses, amantes du soleil

En m’éloignant de lui et de ses flammes en fête

Qui enlumineront mon sublime sommeil

 

Je contemplerai Mars, Jupiter et Saturne

Après un au-revoir à Mercure et Vénus

Et je verrai bientôt le bleu froid de Neptune

Contrastant la pâleur de la blême Uranus

 

Je croiserai peut être une jolie comète

Qui déploiera pour moi sa longue traîne d’or

Et me transportera blotti contre sa tête

Là où le grand Soleil n’est plus qu’un bouton d’or

 

Arrivé aux confins de cet ordre solaire

Je chercherai ma route à travers le Cosmos

Zigzaguant et rêvant parmi les champs stellaires

Scintillant aux couleurs des gais azuleros

 

 Je verrai l’Éridan, Cassiopée, la Grande Ourse

Andromède, la Lyre et le Cheval Ailé

Ces constellations orienteront ma course

En dépliant pour moi leur chemin étoilé

 

Puis je m’élancerai dans l’abyssal espace

Avec le fol espoir de remonter le temps

Et d’arriver enfin au divin face-à-face

Qui fera de ma mort un éternel printemps

 

Car je sais qu’à la fin de ce dernier voyage

S’ouvrira devant moi un magique décor

Où m’attendra, radieux, sur son petit nuage

En me tendant les bras, l’Amour Pantocrator

 

 

Renaud MAUGEY le 19 juin 2020

 

 

 

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