Renaud et poésie

30 avril 2018

Ma chambre sous les toits

toits

 

 

 

 

Au temps de mes vingt ans je vivais sous les toits

Une chambre en mansarde abritait ma bohème

Insouciant, heureux, en ce logis étroit

Dans les vapeurs d’alcools j’écrivais des poèmes

 

La lune me servait de lampe de chevet

Je composais des vers que j’offrais aux étoiles

Je récitais Rimbaud assis sur mon duvet

Rêvant à Ophélie flottant dans son long voile

 

Je partageais les lieux avec Ébène, un chat

Qui était apparu un soir à ma lucarne

C’est ma tarte au saumon qui, je crois, l’alléchât

Dès lors mon garni fût son pays de cocagne

 

Parfois je le suivais par le vieux vasistas

Sur les versants pentus de la vaste toiture

Et pendant qu’il cherchait quelques señoritas

Je respirais la ville en ses fragrances impures

 

Entre sol et nuages et loin du grouillement

Je restais là, pensif, à écouter la vie

En tous ses bruits divers et son bouillonnement

Et j’admirais la Seine ardente ou alanguie

 

La couverture en zinc semblait un océan

Aux vagues argentées et les cheminées grises

Celles de vieux steamers au panache fumant

Partant pour des voyages inventés par la brise

 

Bien souvent sous ce comble avec quelques amis

Nous refaisions le monde en piètres philosophes

Tout en jouant aux dés, à la coinche, au rami

Et lançant jeux de mots, charades et anastrophes

 

 

 

C’est aussi en ce nid que mes primes amours

Ont fait vibrer mon cœur et torturé mon âme

T’en souviens tu Armance aux lèvres de velours

Et toi lutine Inès, vive et dansante flamme

 

Je n’étais jamais seul en cet abri sous toit

Je voyais défiler au dessus de ma tête

Des moineaux, des pigeons, des souris et parfois

Brillant sur le carreau les yeux d’une chouette

 

Je contemplais aussi chaque matin le ciel

Déployant ses couleurs allant du grège au rose

Posant ombres et lumières, orages, ondées, soleil

Sur ma vitre comblée par ses métamorphoses

 

Et j’aimais le silence envoûtant et secret

Que la nuit égrenait sur la ville endormie

Je me sentais gardien du haut de mon adret

du sommeil des autres sous la voûte embrunie

 

La vie s’est écoulée et je n’ai plus vingt ans

Mais je conserve en moi ce lieu de ma jeunesse

Afin d’éterniser ma soupente d’antan

Car il n’y a plus rien à mon ancienne adresse

 

 

 

 

 Renaud MAUGEY le 30 avril 2018

 

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31 mars 2018

Les Dahlias

dahlia 6

 

 

 

Que j’aime les dahlias sous le soleil d’été

Joyeux soleils eux mêmes et lumineux délices

Ils allient l’élégance à la rusticité

Explosant leurs couleurs en un feu d’artifice

 

Au bout de hampes fines ils flottent en riant

Ondulant en cadence en une jolie ronde

Du pompon nid d’abeille aux petits plis charmants

Au dahlia anémone aux pousses vagabondes

 

Il en est de légers aux pétales étoilés

Comme si Dieu avait brodé de la dentelle

D’autres plus fantaisistes, un brin échevelés

Pour mieux ensorceler la gente demoiselle

 

Tous ont des coloris qui sont des œuvres d’art

Leurs teintes et leur éclat semblent venir d’un rêve

Éclos du nuancier qui sourit et s’ épart

Entre les fards de l’aube et du jour qui s’achève

 

Ils s’habillent de vert, de rose ou de grenat

D’ un opalin lilas aux reflets d’améthyste

D’un jaune chatoyant ombré de chocolat

D’un camaïeu de blancs , ailé, surréaliste

 

Ils ont de longues fleurs orange aux pointes d’or

De rouges capitules aux blondes panachures

Des ligules framboise, abricot ou encor

De grands disques de feu aux braises de tellure

 

Ils peuplent mon regard ces dahlias envoûtants

Je ne les cueille pas, ils sont la joie de vivre

Et même sous la pluie ou le souffle du vent

Ils forment des tableaux dont mon âme s’enivre

 

 

 

Renaud MAUGEY le 31 mars 2018

 

 

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28 février 2018

Les Mains

main 3

 

 

 

Ô mains des nouveaux nés, roses et fragiles fleurs

Dont chaque petit doigt s’ouvre comme un pétale

Vous avez de vos mères emprunté la douceur

Qu’elles vous ont donnée en votre vie fœtale

 

Ô mains de ces mamans qui seront pour toujours

Un guide et un repère, un havre de tendresse

Un lieu de réconfort, un refuge d’amour

Aussi le talisman que sur son cœur l’on presse

 

Mains ouvertes à l’offrande en bel anonymat

Qui reçoivent les peines et donnent l’espérance

Qui transmettent le bien inscrit dans leur karma

Et dont l’effleurement apaise les souffrances

 

Mains noueuses et blessées des rudes travailleurs

Épuisées d’ouvrager le fer, le bois, la terre

Celles des asservis et des souffre-douleur

Qui ne connaîtront que les plaies et la misère

 

Mains de la résistance et de la liberté

Étendards du peuple opprimé en révolte

Puis symboles d'union et de fraternité

Quand l'idéal chanté se sème et se récolte

 

Mains d’artistes, éthérées, semblant venir du ciel

Fines ou arrondies mais d’une grande adresse

Dont les gestes légers et presque immatériels

Allient grâce et beauté et génie et noblesse

 

Mains qui parlez par signes aux sourds et aux muets

Qui offrez aux aveugles un instant de lumière

Qui êtes une bouée, un saint-bernard discret

Et qui le soir venu vous mettez en prière

 

Mains douces et charnelles aiguisant le désir

Par des jeux sensuels tout en délicatesse

Provoquant crescendo la montée du plaisir

Et puis l’enchantement amenant à l’ivresse

 

Mains implorant en vain l’éternel tout puissant

Pour que s'arrêtent enfin les massacres et les guerres

Qui n’ont pour se laver que des fleuves de sang

Et pour étreindre encor que des tombes de pierre

 

Mains joyeuses qui dansent et rient à l’unisson

En tenant d’autres mains dans de gaies farandoles

Et qui du verbe aimer font la conjugaison

En formant le dessin d’un oiseau qui s’envole

 

Mains ces ponts éternels entre générations

Par qui passent d'instinct l’entraide et le partage

Passerelles d'amour et divinisation

Des plus beaux sentiments entre gens de tous âges

 

Mains au bout de la vie défleuries par le temps

Mais belles du passé qui coule dans leurs veines

Que l'on aimerait voir trembler encor longtemps

Jolies petites flammes à la pâleur sereine

 

Ô mains qui s'entrelacent au moment de dormir

Pour s'en aller rêver sur leur petit nuage

Mains de celles ou de ceux que l’on aime à mourir

Et qui tiendront les nôtres avant le grand voyage

 

 

 

Renaud Maugey le 28 février 2018

 

 

 

 

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31 janvier 2018

La feuille

feuille 3

 

 

 

                                                             Comme la feuille au déclin de l’automne

                                                             Sent que l’hiver va faire sa besogne

                                                             Et se résigne à ce compte à rebours

                                                             Acceptons la fin de notre parcours

 

                                                              Sous la pluie, les tempêtes, la froidure

                                                              Fataliste elle endure ses blessures

                                                              Jusqu’ au jour où emportée par le vent

                                                              Elle s’envole inéluctablement

 

                                                              Après de belles et lentes arabesques

                                                              Elle se pose, ombre funambulesque

                                                              Puis disparaît sous l’humus fécondant

                                                              Pour devenir la feuille au bois dormant

 

                                                              Dès lors pétrie, nourrie par cette terre

                                                              Elle se ressource et se régénère

                                                              Luttant contre la mort et le néant

                                                              Pour retrouver le monde du vivant

 

                                                              Et c’est ainsi qu’au printemps sous la lune

                                                              L’on voit poindre sur les ramures brunes

                                                              Des bourgeons, symboles du renouveau

                                                              Lui ressemblant comme deux gouttes d’eau

 

                                                              Notre vie, elle aussi, est éphémère

                                                              Mais si notre corps devient poussière

                                                              C’est pour rejoindre ce terreau d’amour

                                                              Qui nous fera renaître pour toujours

 

 

 

                                                               Renaud MAUGEY le 31 janvier 2018

 

 

 

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30 décembre 2017

La pie

pie 2

 

Quelques vers déjantés en cette fin d'année

 

 

                                                                Il y a un mois une pie

                                                                Est arrivée dans mon jardin

                                                                Elle avait l’air toute flapie

                                                               Je l’ai recueillie dans ma main

 

                                                               Elle avait sommeil cette pie

                                                              Je lui ai donc prêté mon lit

                                                              Je l’ai fait par philanthropie

                                                              Je n’aime pas les pies sans lit

 

                                                               Las elle alla de mal en pie

                                                               Elle avait fumé trop de joints

                                                               Car c’était une pie hippie

                                                               Je lui ai proposé des soins

 

                                                               «Il te faudrait petite pie

                                                               Compte tenu de ton état

                                                               De la kinésithérapie

                                                               Est ce que hippie pie pourra?»

 

                                                               Ce ne fût pas une utopie

                                                               Mon remède marcha fort bien

                                                               Le véto dit:«hélas tant pie

                                                               Cette fois je n’y suis pour rien»

 

                                                               Ma pie n’est donc plus décrépie

                                                               Elle est heureuse comme tout

                                                               Elle danse et fait la toupie

                                                               Parfois même à me rendre fou

 

                                                               Elle est aussi un peu chipie

                                                               Quand je l’emmène à mon bistro

                                                               L’on dirait qu’elle est ma groupie

                                                               Elle jacasse beaucoup trop

 

                                                               Le patron m’offre cent roupies

                                                               Pour qu’elle anime le comptoir

                                                               Moi à côté en queue-de-pie

                                                               Dans un décor en blanc et noir

 

                                                               Elle serait la pie qui chante

                                                               Se trémoussant dans son corps beau

                                                               Moi dans ma jaquette flottante

                                                               Je serais un drôle d’oiseau

 

                                                               Un spectacle avec une pie

                                                               Cela vaudrait son pesant d’or

                                                               Mais de partager l’on me prie

                                                               Je réponds:«et pie quoi encor!»

 

 

 

                                                                Renaud MAUGEY le 30 décembre 2017

 

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30 novembre 2017

Le balayeur

coeur 2

 

 

 

                                                  Je voudrais être balayeur

                                                   Non dans les rues mais dans les cœurs

                                                   Pour éliminer leurs souffrances

                                                   Leurs angoisses et désespérances

 

                                                   Je disperserais leurs tourments

                                                    Leurs chagrins et accablements

                                                    Les purgerais de leur tristesse

                                                    Et chasserais ce qui les blesse

 

                                                    Je lessiverais à grande eau

                                                    En les poussant jusque au ruisseau

                                                    Leurs sanglots, leurs pleurs et leurs larmes

                                                    Et les souillures de leurs drames

 

                                                   Je filtrerais leurs souvenirs

                                                   Ne laissant que leur élixir

                                                   Je purifierais leurs colères

                                                   Leur rappelant que nous sommes frères

 

                                                   Et je balayerais aussi

                                                   Au fond des cœurs trop endurcis

                                                   Les ressentiments et les haines

                                                   Aux pestilences si malsaines

 

                                                   Lors ayant rendu à ces cœurs

                                                   Amour, pureté et fraîcheur

                                                   Satisfait et sans manières

                                                  Je m’en irais en... poussière

 

 

                                                   Renaud Maugey le 30 novembre 2017

 

 

 

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29 octobre 2017

Mon ami le hibou

hibou 1

 

 

 

Sous l’auvent en bois de ma grange

Veille mon ami le hibou

Ses grands yeux ronds jaunes et oranges

Lui donnent un air de marabout

 

Il reste ainsi pendant des heures

Immobile et silencieux

On le prend parfois pour un leurre

Il est discret, mystérieux

 

Il trône heureux et solitaire

Incarnant le calme et la paix

Il semble pensif et lunaire

L’on dirait un roi sous son dais

 

Lorsque descend le crépuscule

Lentement il s’ouvre à la nuit

Divinise l’ombre et hulule

Puis d’un vol léger il s’enfuit

 

Il plane au milieu des étoiles

Savourant sa nuit de chasseur

Mais quand l’aube tisse sa toile

Il rentre aux premières lueurs

 

Tel un sphinx il reprend la pose

Éclipsant de ses yeux le jour

Son regard se met en hypnose

Plongeant vers l’irréel séjour

 

 

Renaud MAUGEYle 29 octobre 2017

 

 

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27 septembre 2017

Défilé d'automne

champignon 1

champignon lactaire améthyste

 

 

                                           Quand se déploie l’automne en sa magnificence

                                           Je pars en pèlerin au cœur de la forêt

                                           Fêter les champignons aux divines nuances

                                           Cachés sous les feuillus ou des abris secrets

 

                                           Marchant de bon matin par chemins et prairies

                                           Je rencontre au hasard le coprin chevelu

                                           La pézize orangée, la jaune collybie

                                           Et la vesse de loup, petit pompon joufflu

 

                                           Tout près des premiers bois dans une clairière

                                           C’est le lent boléro du clitocybe blanc

                                           Du frais rosé des prés, du mousseron grégaire

                                           Et des petits bolets trapus et bons vivants

 

                                           Bientôt dans le fouillis des hêtres et des chênes

                                           Se tient un défilé de mode automne-hiver :

                                           Communs, originaux et hallucinogènes

                                           Paradent en rouge, en bleu, en rose et même en vert

 

                                           Je les reconnais tous:l’amanite citrine

                                           Le laccaire améthyste à l’élégant pied long

                                           Le satyre puant, la pleurote rouquine

                                           Le tricholome gris à l’odeur de savon

 

                                           Je suis fasciné par les lames violines

                                           Les rameaux corallins de la clavaire d’or

                                           Le chapeau des tubaires orné de mousseline

                                           Et le calice noir des trompettes des morts

 

                                            Mais je dois arrêter ce joli inventaire

                                            Car voici que m’épie l’oreille de Judas

                                            Jalouse que je parle aux russules et lactaires

                                            Lors je prends mon panier et reviens sur mes pas

 

                                            Je cueille en sifflotant jaunottes et coulemelles

                                            La volvaire soyeuse et le pied de mouton

                                            Le cèpe de Bordeaux, les belles chanterelles

                                            Et puis je rentre heureux le soir à la maison

 

 

 

 

                                             Renaud MAUGEY le 27 septembre 2017

 

 

 

 

 

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07 août 2017

Chez Suzette

 

bistro 3

 

 

 

                                                         Sur la place de mon village

                                                Se trouve un bistrot d’autrefois

                                                Un lieu de vie et de partage

                                                Où l’on se sent comme chez soi

 

                                                La devanture est en vieux chêne

                                                Et la porte à petits carreaux

                                                Est coiffée de roses silènes

                                                Servant de logis aux oiseaux

 

                                                L’enseigne indique «chez Suzette»

                                                Elle est la fille du patron

                                                Elle a de bien jolies mirettes

                                                Et de longs cheveux de blé blond

 

                                               Tôt le matin Roger, son père

                                                Fait l’ouverture du bistrot

                                                Son bar est le lieu qui fédère

                                                                        Celles et ceux qui vont au boulot

 

                                                Roger connaît bien tout le monde

                                                Il est l’ami, le confident

                                                Il a une belle faconde

                                                Il est toujours accommodant

 

                                                Près de lui la chatte Minette

                                                Sur le zinc du matin au soir

                                                Miaule en cherchant de la tête

                                                Les câlins des gens du comptoir

 

                                                Elle est de nous tous la mascotte

                                                La caresser est un honneur

                                                Et tout chaland poussant la porte

                                                Veut toucher ce porte-bonheur

 

                                                Passée la fièvre matinale

                                                J’arrive dans l’estaminet

                                                J’ai mon endroit où je m’installe

                                                D’où j’observe avec intérêt

 

                                                Comme ici l’on est en Corrèze

                                                Je bois inéluctablement

                                                De la Salers ou de l’Avèze

                                                Il ne peut en être autrement

 

                                                Je vois Suzette qui s’agite

                                                Pour servir et puis badiner

                                                Pendant que Roger aux marmites

                                                Nous mitonne un bon déjeuner

 

                                                Je vois les clients d’habitude

                                                Ceux qui sont présents chaque jour

                                                Pour fusionner leurs solitudes

                                                Avec leurs potes d’alentour

 

                                                Ils se succèdent en une ronde

                                                De fidèle fraternité

                                                Et de leur entente féconde

                                                Naît de la solidarité

 

                                                Je les connais chacun, chacune

                                                Ils font un peu partie de moi

                                                Leurs succès ou leurs infortunes

                                                Font ma joie ou mon désarroi

 

                                                Je vois tout d'abord Pierre-Auguste

                                                Du village le boulanger

                                                Il apporte le pain tout juste

                                                Sorti du four, craquant, léger

 

                                                Je vois Céline l’infirmière

                                                Prendre un café entre deux soins

                                                Avec Jeanne la teinturière

                                                Et Raymond l’un de mes voisins

 

                                                Je vois Jeannot le garagiste

                                                Baptiste et Thiénot les facteurs

                                                Marie-Cécile la fleuriste

                                                Charly et Paul les éboueurs

 

                                                Je vois Léon et Valentine

                                                Un joli couple d’amoureux

                                                Se lover près de la vitrine

                                                Pour s’embrasser à qui mieux-mieux

 

                                                Je vois Albert un pauvre hère

                                                Gommer sa vie et ses soucis

                                                Dans des ivresses mensongères

                                                Faites de bière et de gâchis

 

                                                J’entends Marcel ancien artiste

                                                Déclamer du François Villon

                                                Pendant que Jade instrumentiste

                                                L’accompagne à l’accordéon

 

                                                Je vois les clients de passage:

                                                Représentants, prolos, bourgeois

                                                Des jeunes, des vieux, des sans âge

                                                Des énigmatiques parfois

 

                                                J’entends aussi des messes basses

                                                Des confidences, des ragots

                                                Des histoires tristes ou cocasses

                                                Comme un vocal dazibao

 

                                                J’entends des verres qui se choquent

                                                Entre collègues, amis, copains

                                                Et un pochard qui soliloque

                                                En se faisant des baisemains

 

                                                Je vois ainsi l’espèce humaine

                                                Ses qualités et ses défauts

                                                De la bonne et moins bonne graine

                                                Des gens bizarres ou comme il faut

 

                                                Mais je vois surtout des visages

                                                Divers, touchants et chaleureux

                                                Qui dans ce bistrot de village

                                                Font que je m’y sens bien heureux

 

 

 

 

                                                Renaud MAUGEY le 7 août 2017

 

 

 

 

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03 juillet 2017

La jeune fille sur la plage

jeune fille à la plage 6

 

 

 

                                                    Sous son grand front de sable blanc

                                                    Aux jolis reflets de la plage

                                                    Brillaient ses yeux ronds et troublants

                                                    Belles bouées de sauvetage

 

                                                    Ses cheveux fins, longs cerfs-volants

                                                    S’offraient de gais vagabondages

                                                    Au gré des embruns et du vent

                                                    Qui caressaient son frais visage

 

                                                     Ses bras légers, roses flamands

                                                     Apprivoisaient le paysage

                                                     Et emportés par leur élan

                                                     Semblaient rejoindre les nuages

 

                                                     Petits ballons appétissants

                                                     Ses seins pointaient en son corsage

                                                     Suscitant des regards gourmands

                                                     Aux portraitistes du rivage

 

                                                     Tout son être était fort charmant

                                                     Un joli rêve de passage

                                                     Son corps souple comme un ruban

                                                     De délices était le présage

 

                                                     Mais elle n’était qu’une enfant

                                                     Encor bien timide et très sage

                                                     Qui hélas pour ses soupirants

                                                     Ne cherchait que des coquillages

 

 

 

                                                     Renaud MAUGEY le 3 juillet 2017

 

 

 

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