Éradication
Baleine bleue avec son baleineau
Qu’arrive enfin le temps pour l’homme d’expier
De voir le Tout Puissant venir le châtier
Le lobotomiser pour l’empêcher de nuire
Et même, en vérité, carrément le détruire
Que Justice soit faite au vu de ses méfaits
Puisque c’est dans ses crimes hélas qu’il est parfait
Mettant son énergie à n’être que barbare
Un phénix de l’effroi qui renaît de ses tares
Il n’est plus aujourd’hui de raison d’espérer
Depuis sa survenance il ne fait qu’empirer
Il se prend pour un Dieu, maître de la nature
Massacrant sans remords toutes les créatures
Il est méchant dans l’âme et aussi dans le cœur
De la terre il a fait la maison de l’horreur
Il ne respecte rien et pas même lui même
Sur tout ce qui est beau il jette l’anathème
Pourquoi dès lors surseoir à sa mise au rebut
Puisque depuis toujours le mal est son seul but
La cruauté en lui est ancrée, instinctive
Il faut l’éradiquer pour que la vie revive
Je serai sans regrets à l’heure de ce choix
Car l’homme s’est mis seul hors l’amour, hors la loi
Aussi sauvons plutôt le joli rouge-queue
La mésange nonnette et la baleine bleue
Renaud MAUGEY LE 30 mai 2018
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Ma chambre sous les toits

Au temps de mes vingt ans je vivais sous les toits
Une chambre en mansarde abritait ma bohème
Insouciant, heureux, en ce logis étroit
Dans les vapeurs d’alcools j’écrivais des poèmes
La lune me servait de lampe de chevet
Je composais des vers que j’offrais aux étoiles
Je récitais Rimbaud assis sur mon duvet
Rêvant à Ophélie flottant dans son long voile
Je partageais les lieux avec Ébène, un chat
Qui était apparu un soir à ma lucarne
C’est ma tarte au saumon qui, je crois, l’alléchât
Dès lors mon garni fût son pays de cocagne
Parfois je le suivais par le vieux vasistas
Sur les versants pentus de la vaste toiture
Et pendant qu’il cherchait quelques señoritas
Je respirais la ville en ses fragrances impures
Entre sol et nuages et loin du grouillement
Je restais là, pensif, à écouter la vie
En tous ses bruits divers et son bouillonnement
Et j’admirais la Seine ardente ou alanguie
La couverture en zinc semblait un océan
Aux vagues argentées et les cheminées grises
Celles de vieux steamers au panache fumant
Partant pour des voyages inventés par la brise
Bien souvent sous ce comble avec quelques amis
Nous refaisions le monde en piètres philosophes
Tout en jouant aux dés, à la coinche, au rami
Et lançant jeux de mots, charades et anastrophes
C’est aussi en ce nid que mes primes amours
Ont fait vibrer mon cœur et torturé mon âme
T’en souviens tu Armance aux lèvres de velours
Et toi lutine Inès, vive et dansante flamme
Je n’étais jamais seul en cet abri sous toit
Je voyais défiler au dessus de ma tête
Des moineaux, des pigeons, des souris et parfois
Brillant sur le carreau les yeux d’une chouette
Je contemplais aussi chaque matin le ciel
Déployant ses couleurs allant du grège au rose
Posant ombres et lumières, orages, ondées, soleil
Sur ma vitre comblée par ses métamorphoses
Et j’aimais le silence envoûtant et secret
Que la nuit égrenait sur la ville endormie
Je me sentais gardien du haut de mon adret
du sommeil des autres sous la voûte embrunie
La vie s’est écoulée et je n’ai plus vingt ans
Mais je conserve en moi ce lieu de ma jeunesse
Afin d’éterniser ma soupente d’antan
Car il n’y a plus rien à mon ancienne adresse
Renaud MAUGEY le 30 avril 2018
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Les Dahlias
Que j’aime les dahlias sous le soleil d’été
Joyeux soleils eux mêmes et lumineux délices
Ils allient l’élégance à la rusticité
Explosant leurs couleurs en un feu d’artifice
Au bout de hampes fines ils flottent en riant
Ondulant en cadence en une jolie ronde
Du pompon nid d’abeille aux petits plis charmants
Au dahlia anémone aux pousses vagabondes
Il en est de légers aux pétales étoilés
Comme si Dieu avait brodé de la dentelle
D’autres plus fantaisistes, un brin échevelés
Pour mieux ensorceler la gente demoiselle
Tous ont des coloris qui sont des œuvres d’art
Leurs teintes et leur éclat semblent venir d’un rêve
Éclos du nuancier qui sourit et s’ épart
Entre les fards de l’aube et du jour qui s’achève
Ils s’habillent de vert, de rose ou de grenat
D’ un opalin lilas aux reflets d’améthyste
D’un jaune chatoyant ombré de chocolat
D’un camaïeu de blancs , ailé, surréaliste
Ils ont de longues fleurs orange aux pointes d’or
De rouges capitules aux blondes panachures
Des ligules framboise, abricot ou encor
De grands disques de feu aux braises de tellure
Ils peuplent mon regard ces dahlias envoûtants
Je ne les cueille pas, ils sont la joie de vivre
Et même sous la pluie ou le souffle du vent
Ils forment des tableaux dont mon âme s’enivre
Renaud MAUGEY le 31 mars 2018
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Les Mains
Ô mains des nouveaux nés, roses et fragiles fleurs
Dont chaque petit doigt s’ouvre comme un pétale
Vous avez de vos mères emprunté la douceur
Qu’elles vous ont donnée en votre vie fœtale
Ô mains de ces mamans qui seront pour toujours
Un guide et un repère, un havre de tendresse
Un lieu de réconfort, un refuge d’amour
Aussi le talisman que sur son cœur l’on presse
Mains ouvertes à l’offrande en bel anonymat
Qui reçoivent les peines et donnent l’espérance
Qui transmettent le bien inscrit dans leur karma
Et dont l’effleurement apaise les souffrances
Mains noueuses et blessées des rudes travailleurs
Épuisées d’ouvrager le fer, le bois, la terre
Celles des asservis et des souffre-douleur
Qui ne connaîtront que les plaies et la misère
Mains de la résistance et de la liberté
Étendards du peuple opprimé en révolte
Puis symboles d'union et de fraternité
Quand l'idéal chanté se sème et se récolte
Mains d’artistes, éthérées, semblant venir du ciel
Fines ou arrondies mais d’une grande adresse
Dont les gestes légers et presque immatériels
Allient grâce et beauté et génie et noblesse
Mains qui parlez par signes aux sourds et aux muets
Qui offrez aux aveugles un instant de lumière
Qui êtes une bouée, un saint-bernard discret
Et qui le soir venu vous mettez en prière
Mains douces et charnelles aiguisant le désir
Par des jeux sensuels tout en délicatesse
Provoquant crescendo la montée du plaisir
Et puis l’enchantement amenant à l’ivresse
Mains implorant en vain l’éternel tout puissant
Pour que s'arrêtent enfin les massacres et les guerres
Qui n’ont pour se laver que des fleuves de sang
Et pour étreindre encor que des tombes de pierre
Mains joyeuses qui dansent et rient à l’unisson
En tenant d’autres mains dans de gaies farandoles
Et qui du verbe aimer font la conjugaison
En formant le dessin d’un oiseau qui s’envole
Mains ces ponts éternels entre générations
Par qui passent d'instinct l’entraide et le partage
Passerelles d'amour et divinisation
Des plus beaux sentiments entre gens de tous âges
Mains au bout de la vie défleuries par le temps
Mais belles du passé qui coule dans leurs veines
Que l'on aimerait voir trembler encor longtemps
Jolies petites flammes à la pâleur sereine
Ô mains qui s'entrelacent au moment de dormir
Pour s'en aller rêver sur leur petit nuage
Mains de celles ou de ceux que l’on aime à mourir
Et qui tiendront les nôtres avant le grand voyage
Renaud Maugey le 28 février 2018
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La feuille
Comme la feuille au déclin de l’automne
Sent que l’hiver va faire sa besogne
Et se résigne à ce compte à rebours
Acceptons la fin de notre parcours
Sous la pluie, les tempêtes, la froidure
Fataliste elle endure ses blessures
Jusqu’ au jour où emportée par le vent
Elle s’envole inéluctablement
Après de belles et lentes arabesques
Elle se pose, ombre funambulesque
Puis disparaît sous l’humus fécondant
Pour devenir la feuille au bois dormant
Dès lors pétrie, nourrie par cette terre
Elle se ressource et se régénère
Luttant contre la mort et le néant
Pour retrouver le monde du vivant
Et c’est ainsi qu’au printemps sous la lune
L’on voit poindre sur les ramures brunes
Des bourgeons, symboles du renouveau
Lui ressemblant comme deux gouttes d’eau
Notre vie, elle aussi, est éphémère
Mais si notre corps devient poussière
C’est pour rejoindre ce terreau d’amour
Qui nous fera renaître pour toujours
Renaud MAUGEY le 31 janvier 2018
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La pie
Quelques vers déjantés en cette fin d'année
Il y a un mois une pie
Est arrivée dans mon jardin
Elle avait l’air toute flapie
Je l’ai recueillie dans ma main
Elle avait sommeil cette pie
Je lui ai donc prêté mon lit
Je l’ai fait par philanthropie
Je n’aime pas les pies sans lit
Las elle alla de mal en pie
Elle avait fumé trop de joints
Car c’était une pie hippie
Je lui ai proposé des soins
«Il te faudrait petite pie
Compte tenu de ton état
De la kinésithérapie
Est ce que hippie pie pourra?»
Ce ne fût pas une utopie
Mon remède marcha fort bien
Le véto dit:«hélas tant pie
Cette fois je n’y suis pour rien»
Ma pie n’est donc plus décrépie
Elle est heureuse comme tout
Elle danse et fait la toupie
Parfois même à me rendre fou
Elle est aussi un peu chipie
Quand je l’emmène à mon bistro
L’on dirait qu’elle est ma groupie
Elle jacasse beaucoup trop
Le patron m’offre cent roupies
Pour qu’elle anime le comptoir
Moi à côté en queue-de-pie
Dans un décor en blanc et noir
Elle serait la pie qui chante
Se trémoussant dans son corps beau
Moi dans ma jaquette flottante
Je serais un drôle d’oiseau
Un spectacle avec une pie
Cela vaudrait son pesant d’or
Mais de partager l’on me prie
Je réponds:«et pie quoi encor!»
Renaud MAUGEY le 30 décembre 2017
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Le balayeur
Je voudrais être balayeur
Non dans les rues mais dans les cœurs
Pour éliminer leurs souffrances
Leurs angoisses et désespérances
Je disperserais leurs tourments
Leurs chagrins et accablements
Les purgerais de leur tristesse
Et chasserais ce qui les blesse
Je lessiverais à grande eau
En les poussant jusque au ruisseau
Leurs sanglots, leurs pleurs et leurs larmes
Et les souillures de leurs drames
Je filtrerais leurs souvenirs
Ne laissant que leur élixir
Je purifierais leurs colères
Leur rappelant que nous sommes frères
Et je balayerais aussi
Au fond des cœurs trop endurcis
Les ressentiments et les haines
Aux pestilences si malsaines
Lors ayant rendu à ces cœurs
Amour, pureté et fraîcheur
Satisfait et sans manières
Je m’en irais en... poussière
Renaud Maugey le 30 novembre 2017
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Mon ami le hibou
Sous l’auvent en bois de ma grange
Veille mon ami le hibou
Ses grands yeux ronds jaunes et oranges
Lui donnent un air de marabout
Il reste ainsi pendant des heures
Immobile et silencieux
On le prend parfois pour un leurre
Il est discret, mystérieux
Il trône heureux et solitaire
Incarnant le calme et la paix
Il semble pensif et lunaire
L’on dirait un roi sous son dais
Lorsque descend le crépuscule
Lentement il s’ouvre à la nuit
Divinise l’ombre et hulule
Puis d’un vol léger il s’enfuit
Il plane au milieu des étoiles
Savourant sa nuit de chasseur
Mais quand l’aube tisse sa toile
Il rentre aux premières lueurs
Tel un sphinx il reprend la pose
Éclipsant de ses yeux le jour
Son regard se met en hypnose
Plongeant vers l’irréel séjour
Renaud MAUGEYle 29 octobre 2017
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Défilé d'automne
champignon lactaire améthyste
Quand se déploie l’automne en sa magnificence
Je pars en pèlerin au cœur de la forêt
Fêter les champignons aux divines nuances
Cachés sous les feuillus ou des abris secrets
Marchant de bon matin par chemins et prairies
Je rencontre au hasard le coprin chevelu
La pézize orangée, la jaune collybie
Et la vesse de loup, petit pompon joufflu
Tout près des premiers bois dans une clairière
C’est le lent boléro du clitocybe blanc
Du frais rosé des prés, du mousseron grégaire
Et des petits bolets trapus et bons vivants
Bientôt dans le fouillis des hêtres et des chênes
Se tient un défilé de mode automne-hiver :
Communs, originaux et hallucinogènes
Paradent en rouge, en bleu, en rose et même en vert
Je les reconnais tous:l’amanite citrine
Le laccaire améthyste à l’élégant pied long
Le satyre puant, la pleurote rouquine
Le tricholome gris à l’odeur de savon
Je suis fasciné par les lames violines
Les rameaux corallins de la clavaire d’or
Le chapeau des tubaires orné de mousseline
Et le calice noir des trompettes des morts
Mais je dois arrêter ce joli inventaire
Car voici que m’épie l’oreille de Judas
Jalouse que je parle aux russules et lactaires
Lors je prends mon panier et reviens sur mes pas
Je cueille en sifflotant jaunottes et coulemelles
La volvaire soyeuse et le pied de mouton
Le cèpe de Bordeaux, les belles chanterelles
Et puis je rentre heureux le soir à la maison
Renaud MAUGEY le 27 septembre 2017
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Chez Suzette
Sur la place de mon village
Se trouve un bistrot d’autrefois
Un lieu de vie et de partage
Où l’on se sent comme chez soi
La devanture est en vieux chêne
Et la porte à petits carreaux
Est coiffée de roses silènes
Servant de logis aux oiseaux
L’enseigne indique «chez Suzette»
Elle est la fille du patron
Elle a de bien jolies mirettes
Et de longs cheveux de blé blond
Tôt le matin Roger, son père
Fait l’ouverture du bistrot
Son bar est le lieu qui fédère
Celles et ceux qui vont au boulot
Roger connaît bien tout le monde
Il est l’ami, le confident
Il a une belle faconde
Il est toujours accommodant
Près de lui la chatte Minette
Sur le zinc du matin au soir
Miaule en cherchant de la tête
Les câlins des gens du comptoir
Elle est de nous tous la mascotte
La caresser est un honneur
Et tout chaland poussant la porte
Veut toucher ce porte-bonheur
Passée la fièvre matinale
J’arrive dans l’estaminet
J’ai mon endroit où je m’installe
D’où j’observe avec intérêt
Comme ici l’on est en Corrèze
Je bois inéluctablement
De la Salers ou de l’Avèze
Il ne peut en être autrement
Je vois Suzette qui s’agite
Pour servir et puis badiner
Pendant que Roger aux marmites
Nous mitonne un bon déjeuner
Je vois les clients d’habitude
Ceux qui sont présents chaque jour
Pour fusionner leurs solitudes
Avec leurs potes d’alentour
Ils se succèdent en une ronde
De fidèle fraternité
Et de leur entente féconde
Naît de la solidarité
Je les connais chacun, chacune
Ils font un peu partie de moi
Leurs succès ou leurs infortunes
Font ma joie ou mon désarroi
Je vois tout d'abord Pierre-Auguste
Du village le boulanger
Il apporte le pain tout juste
Sorti du four, craquant, léger
Je vois Céline l’infirmière
Prendre un café entre deux soins
Avec Jeanne la teinturière
Et Raymond l’un de mes voisins
Je vois Jeannot le garagiste
Baptiste et Thiénot les facteurs
Marie-Cécile la fleuriste
Charly et Paul les éboueurs
Je vois Léon et Valentine
Un joli couple d’amoureux
Se lover près de la vitrine
Pour s’embrasser à qui mieux-mieux
Je vois Albert un pauvre hère
Gommer sa vie et ses soucis
Dans des ivresses mensongères
Faites de bière et de gâchis
J’entends Marcel ancien artiste
Déclamer du François Villon
Pendant que Jade instrumentiste
L’accompagne à l’accordéon
Je vois les clients de passage:
Représentants, prolos, bourgeois
Des jeunes, des vieux, des sans âge
Des énigmatiques parfois
J’entends aussi des messes basses
Des confidences, des ragots
Des histoires tristes ou cocasses
Comme un vocal dazibao
J’entends des verres qui se choquent
Entre collègues, amis, copains
Et un pochard qui soliloque
En se faisant des baisemains
Je vois ainsi l’espèce humaine
Ses qualités et ses défauts
De la bonne et moins bonne graine
Des gens bizarres ou comme il faut
Mais je vois surtout des visages
Divers, touchants et chaleureux
Qui dans ce bistrot de village
Font que je m’y sens bien heureux
Renaud MAUGEY le 7 août 2017
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