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Ecrire des mots, les assembler, construire des phrases, les lancer tels des cerfs-volants, les apprivoiser,
les faire virevolter, les reprendre, les modifier, les améliorer, les relancer, les faire tournoyer encore puis leur offrir la liberté, les laisser s'envoler et voyager, comme la plume au vent, pour aller vers les autres, c'est ce que j'aime.

J'écris, un peu n'importe quand
J'écris le matin car j'aime les mots tôt.
J'écris aussi le soir car j'aime les mots tard.
Je suis un modeleur du mot de l'heure
J'écris à table, bien entendu à mots couverts
mais sans mâcher mes mots.
J'évite cependant le mot laid
Au moment du fromage j'aime bien le bris de mots
car qui ne dit mot qu'on sent ?
Au dessert j'adore prendre mon pied avec un moka sain.

J'écris un peu n'importe où :
Dans ma voiture j'aime faire des calembours, si possible bien frais et coulants.
Elle est d'ailleurs ma complice puisque, souvent,elle câle en bourg
Elle sait que ses pannes sont un moteur pour mes mots calés.
Sur mon bâteau où j'ai l'habitude de mots gréer pour qu'ils partent au large
et reviennent chargés d'effluves vagabondes.
Au cinéma où j'aime offrir mes exquis mots.
Dans mon fauteuil quand j'ai la migraine.
Je libère alors mes mots de tête.
Il est bien connu, en effet, que l'on guérit les maux par les mots.

J'écris en toute indépendance et sans restrictions, donc sans mots des rations.
J'écris couché car j'aime bien les mots d'alité ou en musique car j'apprécie les mots d'Erato.

J'écris avec une plume en poil de chèvre car il faut que le mot hère.
Hélas les mollahs voudraient empêcher les mots d'errer.
Ils voudraient les mots lestés et les couper en deux pour mieux les mi narrer.
Ils partent en croisade face aux mots croisés parce que ces derniers sont libres bien qu'étant derrière une grille. Mais le verbe est tout puissant et nous sommes crûs si verbistes.
Ils refusent l'improvisation car ils ont peur que le mot ne s'échappe mais la vérité toute nue sort du mot lui même, même si le mot nu ment.

Je suis las des mots las. Il faut que les mots jaillissent de partout tels des geysers et des volcans. Comme des soleils.
Louis XIV l'avait compris et voulait que le vers saille.
Je veux des mots joyeux refusant le mot bile et souhaitant que le mot râle baisse.
Je veux que la jeunesse s'empare des mots car les mots tôt culturent.
En effet un mot tout frais est mot lu.
Mais j'apprécie aussi le mot de l'âge partant du principe que " vieux mot tard que jamais ".

Je veux des mots universels et de toutes les couleurs, qu'ils soient motsaïques et émaux aux multiples motifs, car le mot nait d'échanges.
J'apprécie les mots bleus et surtout les mots viets qui rient jaune mais ne sont pas moroses bien que beaucoup n'ont pour mot que riz, car mot riz bon.

Je déclame aussi les mots car il faut les mots dire.
Tous les mots, les mots tabous, surtout les tabous laids
Même les mots pervers ne sont pas forcément  mots Sade.
Les mots de Justine je les prends pour mots d'elle.
En écriture je raffole en effet des liaisons dangereuses.
Dans les chambres à louer, où se pratique l'heureux passage,
le cri du plaisir permet de garder le mot tel

J'aime enfin les mots mimés
qui disent tout si bien en silence
Entre ombre et lumière
Oh oui qu'il fût beau le mot rose
que le mime osa.
Il restera dans ma mémoire
car le mot est éternel une fois le mot mis.

Allez, je vous emmène maintenant
au bal des mots dits
Avant de vous offrir un dernier vers.
Mon vers étant poli je vous laisserai le dernier mot.



Renaud le 12-04-2010 - tous droits réservés