vieil_homme_pleurant

Les années passent
Le temps s'écoule
Et ils s'effacent
Loin de la foule

Jour après jour
Ils se replient
Las, plus d'amours
Au bord du lit

Tous les amis
Ne sont plus là
Déjà partis
Pour l'au delà

Le téléphone
Ne sonne plus
Et plus personne
Ne vient non plus

Les voisins même
Ignorent si
Au quatrième
Quelqu'un y vit

Ils ne supportent
presque plus rien :
Un bruit, une porte
Un cri, un chien

Seuls compagnons
Près de l'assiette
Quelques pigeons
Picorent les miettes

Plein de poussière
Un grand fouillis
Leur univers
Est en bouillie

Ils font leurs courses
Fuyant leur ombre
Tels de vieux ours
La mine sombre

Au primistère
C'est au rayon
Des vins pas chers
Qu'ils font station

Une bouteille
Une autre ensuite
Les ensommeillent
Cuite après cuite

Devant la glace
Ils ne voient plus
Que leur fait face
Un inconnu

Leurs souvenirs
Encore présents
Vont s'évanouir
Dans peu de temps

La pluie qui goutte
Le long des vitres
Souvent envoûte
Leur regard triste

Alors trop seuls
Dans leur mal être
Ils prennent linceul
Par la fenêtre


Renaud le 24 avril 2010