chrysanth_mes_6




En ces jours dédiés au souvenir de ceux que nous avons connus et aimés
je souhaite leur réciter et partager avec vous ce très émouvant poème
de Sully Prud'homme ( 1839-1907 )
premier lauréat du prix Nobel de littérature ( 1901 )
poème intitulé " les yeux "


Bleus ou noirs, tous aimés tous beaux
des yeux sans nombre ont vu l'aurore
Ils dorment au fond des tombeaux
et le soleil se lève encore

Les nuits plus belles que les jours
ont enchanté des yeux sans nombre
Les étoiles brillent toujours
et les yeux se sont remplis d'ombre

Oh qu'ils aient perdu le regard
non, non celà n'est pas possible
Ils se sont tournés quelque part
vers ce qu'on nomme l'invisible

Et comme les astres penchants
nous quittent mais au ciel demeurent
Les prunelles ont leurs couchants
mais il n'est pas vrai qu'elles meurent

Bleus ou noirs, tous aimés tous beaux
ouverts à quelque immense aurore
de l'autre côté des tombeaux
les yeux qu'on ferme voient encore