cette feuille blanche
Cette feuille blanche me fait peur
et m'envoûte en même temps
tel un serpent hypnotiseur
qui magnétise et qui attend
Cette feuille blanche est la cage
où je rentre spontanément
car je m'échappe en voyage
dès que j'ai la plume au vent
Cette feuille blanche est mon rêve
j'y crée le monde à ma façon
je rature, j'ajoute ou j'enlève
je suis architecte et maçon
Cette feuille blanche est ma mie
je la regarde et la caresse
Elle est ma complice, mon amie
avec elle je suis à confesse
Cette feuille blanche je la hais
elle me vaut trop d'insomnies
quand je "sèche" ou quand je refais
elles sont blanches aussi mes nuits
Cette feuille blanche est mon guide
comme d'un aveugle la canne
Oui sans elle je suis invalide
j'ai le manque du toxicomane
Cette feuille blanche est mon coeur
parfois froissé ou déchiré
mais doré de jolies couleurs
dès qu'une main sait l'effleurer.
Renaud le 21 juin 2011 / tous droits réservés
Commentaires sur cette feuille blanche
Ecrirais-je encore le vent
Dans des coffres en bambou
Des pans de ciel sous les paupières
Le griffonnage des pensées
Aussi longues que des cheveux d’Indien
L’écho des sirènes
Prisonnières de l’eau
Où plongent les oiseaux blessés
Heures abandonnées
Les arbres sont ma demeure
Je n’entends qu’un bruit métallique
De portes qui se ferment
Et les oiseaux dans un monde sans clefs
Tout brûle alentour
Chenilles et guépards
Marionnettes et poupées de chiffon
Etrange monde le cerveau dans sa prison
Intarissable mémoire
Ecrirais-je le souffle
Flamme en sommeil sur mes épaules
Quand la voix persiste
lutin
Je les aime tes feuilles blanches
Qui deviennent tableaux
Quand tu prends ta plume
Pour les nourrir de mots
Merci Renaud
blanche est promesses
sans savoir
en surprises
là les mots
peut être
Nous sommes tous partagés entre cette détestation de la feuille et l'attraction terrible qu'elle exerce sur nous. Tu le dis très joliment...
Chaque jour je ressens davantage
écrivant
une exigence sourde à retenir mon geste
et le fruit traversant jusque la page vierge
me mord de n'être mûr.
Ecrire. Donner. Paroles de désir de lampes
où la terre faiblit. Paroles sur le seuil
Non pas la clinquante matière
ou la note orpheline qui déroule un pas vide
au hasard de la phrase
Mais
Paroles
de failles et ravins
l’enfant nu d’une voix élargissant la nuit
le souffle profond qui tremble
où mot se lève
portant sur ses épaules un début de voler
Paroles surgissant de l'anneau sans mémoire
Le "vide" est là où tout se crée.
tu vois les grands esprit se rencontrent...il est très beau ton poème...on sent cette passion qui nous nous fait vivre..qui nous fait respirer
amitié
tilk
Tu remplis le silence de la feuille de tes jolis bruissements et je suis sûre qu'elle ne t'attend pas longtemps avant que l'inspiration ne vienne.
Elle nous emmène loin ta feuille blanche...Merci
pour la ballade.
Amicalement
Joli ! j'aime beaucoup.
Tu as ta feuille blanche, j'ai ma page gourmande !
La page gourmande
Je suis faite de bois
Je suis blanche et pure,
J’aime que l’on danse sur moi,
Que les mots se tiennent la main
Pour que je perdure.
Je suis goulue, jamais repue !
J’aime qu’on me dévore,
Je prends tout ce qui me tombe dessus :
Les dessins, les pâtés, je n’en fais qu’une bouchée
Pour qu’avec moi tu t’endors.
J’ai faim d’expressions, de dictons,
Ce n’est plus par appétit d’ailleurs,
Mais par plaisir…. Rien que pour le bonheur !
J’avale toutes les encres,
Me laisse noter par les pions.
J’ostente à faire ripaille
Quitte à finir à la baye.
Je ne supporte pas le moindre soupir,
Le silence qui ne comblerait pas mon désir
…. Celui de tout gober, oui tout !
Je ne grossis pas pour autant,
Je reste 21 x 29,
Mais croyez moi : quand mon pied vous atteindrez,
Je m’en serais mis plein la panse,
Et pourtant c’est toi qui penses.
Je suis gourmande de rimes,
Je me lèche les babines.
S’il vous plaît, remplissez aussi le verso !
Poème extrait de mon recueil "Nano" http://www.grisy.net/categorie-1248050.html et édité dans le recueil de poèmes 2006 du CPCV île de France
http://www.cpcvidf.asso.fr/page/Actualites.html#poemes2006
Bonne soirée
arielle
Que l'on donne une page blanche à l'écrivain parfois il écrit en vain ou bien il est en vaine d'écriture. Immanquablement la page blanche se noircit d'encre. On peut toujours se référer aux histoires qui font bien couler l'encre. Tes mots nous touches puisqu'ils nous font réagirent, n'est pas là la récompense de l'hauteur.
Cordialement
Rien ne me parait plus excitant qu'une page blanche, tant de choses à partager sur ce petit rectangle blanc...
Dilettante par nature, j'utilise les mêmes recettes que lorsque je faisais de la peinture: quand ça coince, laisser tomber et revenir le lendemain avec un oeil neuf. Et la plupart du temps ça marche!
Bonne journée Messire Renaud ![]()
Azur je rentre de Corse où l'insularité que tu
affectionnes m'a beaucoup plu.
Je découvre ton commentaire qui me plait aussi,
sobre et joli à la fois.Bises d'été.
Jeanne c'est vrai que le blanc est plein de promesses comme l'aube du premier communiant ou
la robe d'une mariée.Après c'est une autre histoire......
Viviane je suis heureux que ma feuille blanche
ait provoqué chez toi cette envolée lyrique et ces
réflexions qui font rebondir mes interrogations
et mes états d'âme.
C'est vrai que la feuille blanche est tour à tour centrifuge et centripète par rapport à nos
angoisses et nos espoirs.
Merci d'avoir si bien exprimé ce que je ressens
donc aussi.Amitiés.
Céanothe ton observation me rappelle cette
pensée d'une humoriste qui disait:
" ma philosophie est extrêmement simple:
remplis ce qui est vide et vide ce qui est plein,
ainsi à défaut de créer tu bougeras "
Bien à toi.
Tilk c'est vrai qu'on est bien en osmose et c'est
sympa de savoir que dans ce monde arithmétique
il y a deci delà des ondes spirituelles qui se
croisent.Amitié.
Sedna je ne sais plus qui affirmait:
" une femme est comme votre ombre courez lui
après elle vous fuit, fuyez la elle vous court après "
Je trouve que la feuille blanche c'est un peu la même chose.L'on est devantl'inspiration ne vient
pas,l'on se détourne elle arrive.
La feuille blanche est une grande séductrice.
Marlou la feuille blanche est effectivement une
invitation au voyage mais souvent l'on reste à quai.Le vent de l'inspiration n'est pas toujours au rendez vous.Tu es une exception.
Arielle si je comprends bien ma feuille c'est ton
blanc manger ?
Ceci étant ta définition et ses circonvolutions
sont épatantes et l'on se régale véritablement.
Je vais filer sur grisy.net
A très vite donc.
Héol c'est ton commentaire frappé au coin du bon
sens qui me touche et dont je te remercie.
Et je vais essayer de suivre ton conseil:
Il convient d'éviter les écrits vains .....
Bien sincèrement
Désirée j'apprécie particulièrement tes
interprétations ambivalentes, preuves d'une
imagination très fertile impliquant que tu ne
dois pas être souvent obligée de revenir le lendemain avec un oeil neuf...
Bonne soirée gente dame.
Un vrai plaisir que de vous tous lire...
Merci Renaud, dont je découvre avec bien être les talents à travers les envolées qu'il propose, en douceur, baladant les mots dans ses jardins de beaux qui coulent comme une source de vie.
Merci à toutes ces gouttes qui contribuent à ce que la poésie soit un délice..à consommer sans modération !
Il fait bon par ici.
M'en tournant une page,là, maintenant, je vous dis "à bientôt"..
Anne
Cette feuille blanche
Elue
Je lui mets un petit col
Et de m'aime haut tombé dessus
Je l'habille en robe
Noire
y rond
D'aile !
Anne, heureux de vous accueillir et merci de vous sentir bien chez moi qui est aussi chez vous, les
poètes formant une grande famille.Vous en serez
d'ailleurs convaincue, je pense,en cliquant sur
les liens d'ami(e)s que je vous propose et qui vous séduiront certainement.
Mais pour l'heure j'ai plaisir à profiter de
votre passage et de vos jolis compliments.
Amitié.
Servanne qu'y a t'il de plus joli et de plus aérien que le noir sur le blanc de l'hirondelle.
Merci pour cette image très symbolique.
Bises
Mon Esprit
Joue avec ma vie,
Me la vole
Puis s'envole,
Pars au loin
Très lointain,
Ne reviens pas
Si je suis là,
Il m'en veut
De ne pas jouer au jeu,
Se sent seul
En pensant au deuil,
Il ne vieillit
Que quand je vit,
Mais je ne le peux
Si'l est heureux
Ma vie, il la gardera
En fera ce qu'il voudra,
Mélangera ses couleurs
Jusqu'à trouver le bonheur,
Transformera ses pensées
En baisers sucrés,
Changera ses haines
En douleur ou en peine,
Et quand il aura terminé
Qu'il n'aura plus rien à arranger,
Il se pourait bien
Qu'il me rende ce qui m'appartient
Qu'il s'en aille et s'efface
Et me rende ma place,
Dans le monde réel
Avec mon seau et ma pelle,
En ne me disant qu'un aurevoir
En me disant que je ne pourait pas le revoir
En me disant "Adieu et Bonne chance,
Resaisis-toi et danse
Vit ta vie, ne pense plus à moi,
Et peut être qu'on se reverra..."
Merci Roxy pour ce voyage plein d'esprit, de
couleurs, d'images, de symboles, de profondeur,
de nostalgie, d'interrogation et d'espérance.
Merci à toi renaud, d'avoir commenté mon poème!
Bonsoir Renaud,
Je crois que tout écrivain, connais l'angoisse de la page blanche...comme mon poème "écrire pour exister", notre plume s'épanche, attendant, le moment, où l'inspiration viendra, et fera couler l'encre de nos mots...comme dit si bien votre poésie "cette feuille blanche et mon coeur, parfois, froissé ou déchiré, mais doré de jolies couleurs, dès qu'une main sait l'éffleurer". En attendant la lente montée de la prose, notre plume trempe dans l'encrier bleu de notre coeur et met à nu notre âme nue...J'aime beaucoup votre écrit Renaud, vos mots en tout cas, sont des joyaux, à leur lecture. Merci pour votre belle poésie. Je vous souhaite une belle et douce soirée. Toute mon amitié, et ma rose. Corinne (Cronin)
Merci Corinne de me lire et de m'interpréter ainsi.Nous avons tous au fond de nous des émotions
à faire remonter,glisser puis imprimer sur la surface de nos chères feuilles blanches.
Que serions nous sans elles ?
Sans doute en partie orphelins de nous mêmes.
Que votre nuit soit belle.
Renaud
"La seule signature au bas de la vie blanche c’est la poésie qui la dessine"
René Char
Cette page blanche, berceau de nos émotions qui naissent et meurent au fil du temps...
"les mots prennent sens quand ils se dessinent sur le papier"
Marie
Marie, merci de citer René Char,grand poète de la
révolte et de la liberté.
Et cette feuille blanche n'est elle pas précisément le berceau (pour reprendre votre mot)
de notre liberté et de notre révolte ?
En toute amitié.
Renaud
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