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Ô mains des nouveaux nés, roses et fragiles fleurs

Dont chaque petit doigt s’ouvre comme un pétale

Vous avez de vos mères emprunté la douceur

Qu’elles vous ont donnée en votre vie fœtale

 

Ô mains de ces mamans qui seront pour toujours

Un guide et un repère, un havre de tendresse

Un lieu de réconfort, un refuge d’amour

Aussi le talisman que sur son cœur l’on presse

 

Mains ouvertes à l’offrande en bel anonymat

Qui reçoivent les peines et donnent l’espérance

Qui transmettent le bien inscrit dans leur karma

Et dont l’effleurement apaise les souffrances

 

Mains noueuses et blessées des rudes travailleurs

Épuisées d’ouvrager le fer, le bois, la terre

Celles des asservis et des souffre-douleur

Qui ne connaîtront que les plaies et la misère

 

Mains de la résistance et de la liberté

Étendards du peuple opprimé en révolte

Puis symboles d'union et de fraternité

Quand l'idéal chanté se sème et se récolte

 

Mains d’artistes, éthérées, semblant venir du ciel

Fines ou arrondies mais d’une grande adresse

Dont les gestes légers et presque immatériels

Allient grâce et beauté et génie et noblesse

 

Mains qui parlez par signes aux sourds et aux muets

Qui offrez aux aveugles un instant de lumière

Qui êtes une bouée, un saint-bernard discret

Et qui le soir venu vous mettez en prière

 

Mains douces et charnelles aiguisant le désir

Par des jeux sensuels tout en délicatesse

Provoquant crescendo la montée du plaisir

Et puis l’enchantement amenant à l’ivresse

 

Mains implorant en vain l’éternel tout puissant

Pour que s'arrêtent enfin les massacres et les guerres

Qui n’ont pour se laver que des fleuves de sang

Et pour étreindre encor que des tombes de pierre

 

Mains joyeuses qui dansent et rient à l’unisson

En tenant d’autres mains dans de gaies farandoles

Et qui du verbe aimer font la conjugaison

En formant le dessin d’un oiseau qui s’envole

 

Mains ces ponts éternels entre générations

Par qui passent d'instinct l’entraide et le partage

Passerelles d'amour et divinisation

Des plus beaux sentiments entre gens de tous âges

 

Mains au bout de la vie défleuries par le temps

Mais belles du passé qui coule dans leurs veines

Que l'on aimerait voir trembler encor longtemps

Jolies petites flammes à la pâleur sereine

 

Ô mains qui s'entrelacent au moment de dormir

Pour s'en aller rêver sur leur petit nuage

Mains de celles ou de ceux que l’on aime à mourir

Et qui tiendront les nôtres avant le grand voyage

 

 

 

Renaud Maugey le 28 février 2018

 

 

 

 

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