Princesse de Clèves 2

 

 

 

 

Il me plaît dans ce monde en plein égarement

De croire tout de même aux nobles sentiments

Au devoir, au respect, à la foi qui élève

Et qu’incarne si bien la princesse de Clèves

 

En sa belle jeunesse invitée à la Cour

On lui cherche un mari offrant aise et amour

Elle a juste seize ans devant le roi de France

Lorsque la destinée vient cueillir son enfance

 

Car le prince de Clèves, homme honnête et de cœur

À ce royal ballet cherche aussi l’âme sœur

Il voit l’adolescente et s’éprend vite d’elle

Lui promet le bonheur, dit qu’il sera fidèle

 

La jolie jeune fille entend cette oraison

À sa mère obéit, se marie par raison

Son éducation l’apprête aux convenances

Son charme et sa culture incarnent l’élégance

 

La vie est agréable en son petit manoir

Son prince de mari aime bien recevoir

Mais les mondanités pour une jeune femme

Ne sauraient contenter de ses désirs la flamme

 

C’est alors que reçue chez le duc de Nemours

I’un et l’autre tombèrent amoureux en un jour

Une grande passion mit leurs sens en alerte

Elle resta pourtant platonique et secrète

 

Car proche de céder à cet emballement

Elle se rappela les avertissements

Les règles et principes enseignés par sa mère

Qui font qu’on ne peut être une épouse adultère

 

Pour mieux se libérer de cet écart impur

Épuisant son esprit, rendant son cœur obscur

Elle avoue cet amour à son mari trop sage

Tout en lui assurant qu’elle n’est point volage

 

 Mais le prince de Clèves, accablé, malheureux

N’est guère convaincu par ces chastes aveux

Il fait suivre sa femme et reçoit confidences

Qui ne font qu’ajouter des affres à sa souffrance

 

Il en tombe malade, elle est au désespoir

Lui jurant qu’elle n’a ne fusse qu’un seul soir

Souillé leur belle entente.Alors il lui pardonne

Puis dans un dernier souffle à la mort s’abandonne

 

La princesse, éplorée, n’a plus de goût pour rien

Avec la vie de cour elle cesse tout lien

Pourtant étant encor dans la fleur de son âge

Elle pourrait sans peine adoucir son veuvage

 

Mais les belles vertus apprises étant enfant

Incrustées dans son cœur ainsi qu’un talisman

Faites de probité, d’honneur, de force d’âme

De sa grande droiture ont ouvragé la trame

 

Elle entend désormais religieusement

Par œuvres de bonté prouver ses sentiments

Refusant le futile et la galanterie

Pensant à son mari de façon attendrie

 

Plusieurs siècles ont passé, son exemple est encor

Brodé dans les mémoires en belles lettres d’or

Il montre que la vie nécessite courage

Égards et prévenance, humilité, partage

 

 

 

Renaud MAUGEY le 21 août 2021

 

 

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