Flamant 2

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Lorsque le jour se lève aux Salins de Camargue

L’on voit fleurir sur l’eau des lotus roses et blancs

Dont les pétales sont les ailes des flamants

Qui sortent de leur nuit caressés par les vagues

 

Nocturnes unijambistes à nouveau sur deux pattes

Fines et effilées ainsi que des crayons

Ils cherchent dans la vase en l’étang peu profond

Les algues colorant leurs plumes incarnates

 

De leur bec noir courbé en forme de virgule

Filtrant l’eau dans un jeu toujours recommencé

Ils aspirent plancton, crevettes et crustacés

En dandinant leur cou réglé comme un pendule

 

Grégaires, alcyoniens, d’une approche facile

Aimant la compagnie des sarcelles et canards

Qui sont hypnotisés par l’or de leur regard

Ils partagent avec eux la lagune fertile

 

Ils croisent aussi sans crainte hérons et avocettes,

Spatules et cigognes, aigrettes et chevaliers

Car l’on se doit respect dans le monde échassier

Et solidarité lorsque le danger guette

 

Parfois ils se promènent en toute nonchalance

Le long des frais roseaux, des pourpres tamaris

Qui leur offrent l’asile autant qu’à Osiris

Dès lors que le Mistral inflige ses souffrances

 

Ils restent par moments statiques et solitaires

Regardant, tête haute, au loin les grands voiliers

Ou les autres oiseaux dans leurs vols coutumiers

Qui leur donnent envie d’élans tourbillonnaires

 

Alors ils nous invitent au bal de l’élégance

Dont la chorégraphie d’instinctifs danseurs

Transforme leur plumage en tutus enchanteurs

Leur long cou ivoiré imprimant la cadence

 

Soudain poussant leurs cris venus des oies sauvages

Ils s’élancent en chœur en couraillant sur l’eau

S’envolent par nuées en un vaste tableau

Avant de revenir heureux de leur voyage

 

Bientôt vient le moment de la leçon de choses

C’est le temps des amours et de l’accouplement

Les flamants se choisissent énigmatiquement

La lagune est joyeuse et voit la vie en rose

 

Puis le printemps magique apporte les naissances

Les îlots sont couverts de poussins gris et blancs

Qui vont vite grandir durant l’été brûlant

Pour que venu l’automne ils puissent être en partance

 

Car les flamants sont mûs par un passé mythique

Leur couleur doit se fondre en celle du soleil

Qui absorbe au couchant l’éclat de leur vermeil

Qu’ils vont lui sacrifier dans un vol symphonique

 

Aussi les verrons-nous un soir au crépuscule

Migrer vers notre étoile en un bel unisson

Pour s’enflammer de rouge au bout de l’horizon

Et renaître au-delà, Phénix funambules

 

 

 

 

 

 

Renaud MAUGEY le 30 novembre 2020

 

 

 

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